Culture

Zoom sur le Domaine de Candé avec Frédéric Thomas

Niché au-dessus de L’Indre à Monts, à deux pas de la Nationale 10 (la D910, pour les jeunes), le Domaine de Candé est l’une des «sept merveilles» du Conseil général d’Indre-et-Loire. Lieu exceptionnel à la longue histoire et au lourd passé, il est devenu en 2008 terre d’accueil de Terres du Son, festival de musiques actuelles à la réputation grandissante. Parallèlement, le Domaine de Candé mûrit un projet ambitieux qui se construit d’année en année et, pour mieux grandir, il est devenu régie autonome fin 2013. Nous avons rencontré son président, également président du CG37, Frédéric Thomas. Entretien.

CSC_6232Frédéric Thomas

En préambule, parlons un peu budget…

«Générer des recettes pour arriver à l’équilibre» : voici l’un des objectifs du Domaine de Candé dans les années à venir. Avec un budget de fonctionnement de 850.000 euros et une subvention d’équilibre du Conseil général de 560.000 euros, le Domaine de Candé vient de passer en régie autonome avec une directrice dont l’une des missions de développement va consister à faire en sorte de diminuer progressivement cette contribution et tendre à l’équilibre financier du site d’ici dix ans.

Le nouveau Candé :

Avec la volonté de dynamiser le domaine de Candé, le Conseil Général a ainsi commandé en 2012, une étude auprès du bureau d’ingénierie culturelle BICFL, de laquelle est ressorti un déficit d’image et peu d’attractivité touristique. Une étude dont les conclusions ont mis en avant le génie mécanique comme un axe fort à développer sur le site, grâce entre autre à la présence de l’orgue symphonique Skinner.

En élargissant la réflexion, le Conseil Général envisage alors de faire de ce lieu de plus de 250 hectares, un grand parc culturel et de loisirs, alliant différents domaines : la gastronomie avec la mise en place d’une épicerie, le partenariat passé avec le chef Olivier Arlot pour des ateliers-cuisine sur le site, l’éducatif avec des jeux pour enfants, mais aussi des activités autour de l’eau avec un « miroir aux folies » envisagé, ou encore des activités liées à l’environnement dont un hébergement nature qui devrait voir le jour sous l’égide d’une Délégation de Service Public sur une partie du Domaine… Pour Frédéric Thomas, il s’agit alors de créer une dynamique tout au long de l’année sur le site et d’en faire un lieu avant-gardiste pour qu’il soit plus visité qu’aujourd’hui et ainsi devenir rentable à long terme.

Pour réaliser tout cela, le Conseil Général a donc décidé de séparer Candé du reste de son patrimoine culturel en créant une régie autonome pour le site en 2013, c’est-à-dire de le doter d’un budget autonome et d’une gestion propre.

Capture plein écran 01122014 233157  Plan du Domaine de Candé

Terres du Son, locomotive du Domaine de Candé

Longtemps tombé dans l’oubli, le domaine de Candé doit beaucoup au festival Terres du Son. C’est en effet l’installation de cet évènement sur ce lieu qui a permis à Candé de se refaire une visibilité et un nom auprès des Tourangeaux, alors que ce lieu semblait condamner à être figé à l’évènement majeur connu : le mariage du duc de Windsor en 1937.

Aujourd’hui, même si de nombreuses animations ont été mises en place sur le site et même si le festival ne dure que trois jours par an (quinze jours en tout pour les préparatifs et le démontage) il est évident que la notoriété du Domaine de Candé doit beaucoup à Terres du Son, un certain nombre de festivaliers y retournant à d’autres moments de l’année après l’avoir un peu découvert sous cet angle particulier mi-juillet. Un festival qui a permis entre autres de repenser ses accès, d’y favoriser les investissements et de lui offrir une formidable visibilité avec jusqu’à 40 000 visiteurs sur les trois jours de l’évènement en 2014.

CSC_4049Concert pendant Terres du Son face au château de Candé

Quelles conséquences pour le festival ?

«La présence de Terres du Son à Candé n’est évidemment pas remise en cause par ce changement de gestion et cette volonté de faire en sorte que le lieu puisse générer des revenus dans les années à venir», assure Frédéric Thomas. Un président du Domaine très attaché à cette manifestation, qu’il considère, même si elle est évidemment associative et indépendante, comme une sorte de «co-production, un «partenariat fort» qui devrait se renforcer avec ce nouveau projet : « Nous n’avons aucune volonté de reprise en main du festival, mais il faut que cela soit du gagnant / gagnant ».

Frédéric Thomas réaffirme ainsi l’appui indéfectible du Conseil Général pour que Terres du Son reste à Candé, en rappelant notamment les 400 000 euros investis sur le site et les 150 000 euros déboursés par le Conseil Général chaque année autour de l’évènement (ndlr : montant estimé en tenant compte de tous les moyens alloués par la collectivité : subventions, mais aussi personnel mis à disposition, matériel…).

D’un autre côté, il reconnait également se demander comment le Conseil Général peut être plus présent sur l’évènement afin que celui-ci bénéficie à l’image et indirectement aux finances de la collectivité. Pour faire évoluer ce partenariat, Frédéric Thomas envisage plusieurs pistes dont il a souhaité réserver la primeur aux organisateurs de Terres du Son qu’il doit rencontrer très prochainement pour ébaucher les grandes lignes de cette évolution.Une chose est sûre, c’est que rien n’est figé pour Frédéric Thomas : « De la même manière qu’après l’édition de 2012 il a fallu repenser l’emplacement du festival, nous envisageons aujourd’hui de nouvelles réflexions pour le site, cela n’enlève rien à l’importance de la présence de Terres du Son ».

Propos recueillis par Laurent Geneix et Mathieu Giua

Crédits photos : Laurent Geneix pour 37°

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