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Tous en Scène : 25 ans au service des musiques actuelles

 « Tous en Scène », ce nom ne vous parle peut-être pas. Pourtant derrière celui-ci se cache une école de musique réputée, créée en 1994 et devenue une référence en région Centre-Val de Loire et ailleurs. A y réfléchir, on se dit même que si 40% des groupes issus de la scène régionale viennent d’Indre-et-Loire, Tous en Scène n’y est pas étranger.

« La vraie force de l’école c’est le tissu local » indique Gérard Keryjaouën, co-fondateur et directeur de Tous en Scène. Chaque année, ils sont près de 1000 musiciens à franchir les portes de l’école de musique nichée dans le côteau de la Tranchée. Ouverte à tous les styles, l’école forme amateurs ou musiciens en voie professionnelle dans le domaine des musiques actuelles et amplifiées, un nom un peu barbare et générique qui regroupe aussi bien du blues que du rock, de la pop, du rap ou de l’électro.  « On essaye d’être assez pointus dans tous les styles au niveau de la formation. Notre grande force est que l’école est tenue par des musiciens qui peuvent apporter leur savoir-faire et expérience. »

Formations faites par des professionnels et formations souples, adaptées aux profils de chacun. « On peut avoir parfois des très bons musiciens de leur instrument mais qui ont besoin de parfaire leur formation dans d’autres domaines. » poursuit le directeur.

Ces domaines, ils se sont multipliés en 25 ans, suivant l’évolution du milieu de la musique. Pour Gérard Keryjaouën : « Il y a eu une vraie révolution du métier de musicien. Aujourd’hui il doit maîtriser tout un tas d’outils comme la communication, l’administratif… Il y a par exemple une urgence à communiquer instantanément, car les programmateurs veulent forcément une vidéo, un teaser. Les musiciens doivent le prendre en compte. Tout cela est aussi important que l’artistique aujourd’hui, même pour des petits groupes modestes. » Et pour répondre à cela, l’école tourangelle axe une partie de sa formation aux environnements socio-professionnels.

La pratique reste bien sûr au cœur de la formation enseignée. Ateliers individuels ou collectifs, stages, bœufs organisés chaque semaine ou encore aux masterclass régulièrement mises en place avec des personnalités reconnues : membres Santana ou du groupe Toto… pour ne citer que les plus internationaux. Et là encore, l’école veille à suivre les évolutions : « On a une génération de musiciens qui apprennent beaucoup par internet par exemple, on s’en sert également. »

Un besoin de soutien supplémentaire des collectivités publiques

En 25 ans, l’école a su ainsi s’adapter et fait aujourd’hui partie des institutions reconnues. « Nous sommes une des plus grandes structures européennes en musiques actuelles » affirme le directeur de Tous en Scène qui a obtenu la reconnaissance du Ministère de la Culture en 2016. Pour autant, cette réussite ne doit pas cacher les difficultés non plus, à commencer par les questions financières. Gérard Keryjaouën d’expliquer ainsi que seuls 8% du budget de l’école vient des collectivités publiques, 15% en intégrant les parts Sacem ou autres Spedidam, les sociétés civiles liées aux droits des musiciens. « Nous ne touchons que 1800 euros par ans de la ville de Tours » poursuit le directeur de l’école pour qui « il y a un manque de reconnaissance des musiques actuelles au sein des institutions, je pense qu’il faut qu’elles s’emparent de la question. Au niveau national, le monde de la musique représente 3,2% du PIB, c’est plus que le marché automobile par exemple. »

Autre sujet pour Tous en Scène, la question des locaux. Si l’école a augmenté sa surface en passant de 100m² au départ à 380 aujourd’hui, elle se sent à l’étroit. Depuis quelques années, plusieurs projets ont bien été envisagés, comme un déménagement, mais rien n’a pu se concrétiser. Gérard Keryjaouën ne désespère pas pour autant et évoque un projet d’agrandissement dans les cartons qui pourrait se faire dans les prochaines années, du moins l’espère-t-il.

Crédits photos : Remi Angeli – Tous en Scène

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