Culture

#TDS2015 – Too many zooz : trois lions en cage

Sans doute l’expérience musicale la moins descriptible de ce Terres du Son 2015 et l’un des coups de génie de la prog.

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1. Un percussionniste illuminé qui porte tout son matériel, sorte de lapin Duracel du rythme.

2. Un saxophoniste qui vient se greffer là-dessus et arpente la scène sans relâche, posant les bases de chaque «morceau», si on peut parler de morceau car parfois les choses s’enchaînaient étrangement.

3. Un trompettiste faussement absent, avec une bouteille de cristaline dans la main et un liquide marronasse dedans, qui complète les compositions avec des zigouigouis et youyous hallucinogènes qui, lorsqu’ils montent en puissance et/ou dans les aigus, rendent le public littéralement fou. Le même gars au bonnet vert pousse quelques cris de temps en temps, ajoutant ainsi un nouvel «instrument», il parle aussi un peu dans un micro au son de reverb assez pourri, évoquant un speaker de rodéo au fin fond du Nebraska. «You’re fucking awesome, we love you» ou encore «You can smoke some weed and we’re gonna party».

Un minimalisme extrême et une atmosphère de fanfare de fin du monde qui n’est pas sans rappeler d’autres Américains qui avaient sérieusement bousculé la donne au début des années 90 et qui répondaient au doux nom de Morphine (une basse à deux cordes et un saxo baryton) même s’ils œuvraient dans un registre beaucoup moins festif, même carrément noir, et nettement plus sage.

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Les fous ne sont pas tous enfermés (et c’est tant mieux !)

Nous voilà invités par un set qui défie à la fois les lois de la gravité musicale tout en gommant la notion du temps, à entrer dans un monde sans machine dont la porte de sortie se referme sur notre raison au fil des morceaux. On voudrait que ça ne cesse jamais tellement l’impression de régression est intense et addictive. Le réveil dans le monde réel du lendemain sera brutal. Plus du tout envie d’écouter de l’électro, d’un coup. Voire très envie de détruire samplers, séquencers et autres loop stations et boîtes à rythmes à grands coups de masse pour redécouvrir enfin ce truc primitif assez génial, datant de la nuit des temps, qui consiste simplement à souffler dans des trucs et à taper sur des machins : la musique.

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