Culture

Le clip de la semaine : «302» de Seth Leima

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

«302» de Seth Leima

Le 21e siècle sera cuivré, ou ne sera pas

Il paraît que «jazz rock» serait devenu un gros mot… Enfin «devenu» n’est sans doute pas le terme approprié tant pour certains (des amateurs de rock aux amateurs de jazz) ce mélange des genres a toujours semblé une hérésie : voilà 25 ans, quand j’osais dire dans certains cercles musicaux et amicaux non seulement que j’écoutais UZEB, mais qu’en plus j’aimais ça, on vomissait dans mon mojito avant de me tourner le dos.

De l’eau a coulé sous le Pont Wilson depuis et le cloisonnement et le clivage des genres musicaux semble s’être largement estompé, à tel point qu’on regretterait presque l’époque bénie où, à la sortie du lycée, des fans de ska se foutaient sur la gueule avec des fans de new wave.

Bref, Seth Leima s’en tape un peu de ce lourd héritage et fusionne comme on respire, tout en usant du cor comme d’un héros d’avant-scène, reléguant la stratocaster à un détail de l’Histoire du rock.

Dans ce «302», on attaque sur des bruits de bourdonnements, dans des tenues d’aviateurs et autres grosses lunettes à usage obscurs et divers. Seuls le bassiste et le batteur ont l’air à peu près normaux. S’ensuit un joyeux bordel où la guitare tient quand même une place de choix (oui, hein, on exagère toujours un peu) hésitant en permanence entre rythmique et solo, et où la batterie semble mener son monde à la baguette (bon ok, on sort). La basse rebondit comme il se doit et ça breake dans tous les coins, avec beaucoup plus de coups de griffes de tigre que de caresses de chat au final ; la partie electro du quintet se faisant elle aussi relativement discrète.

Côté images, c’est furtif, c’est léché, ça se balade tranquillement d’un musicien et d’un plan à l’autre, on voit beaucoup de jeux de mains. Bref, c’est du Alex Guéry, quoi. Nos joyeux lurons jouent devant une salle vide (le clip a été tourné par Les Loups Blancs dans le vieux cinéma d’Azay-le-Rideau), avec une lampe de salon de chaque côté, donnant une atmosphère feutrée et désuète qui, il faut bien le dire, atténue à peine leur univers vivace et mordant.

seith leima

Un degré en plus

> Leur dernier EP sorti en mai 2015 en écoute sur BandCamp

Print Friendly, PDF & Email