Culture

Hélas! : fragile élégance

Nous les avions rencontrés en mars 2015, au moment de la sortie de leur premier EP. Quelques clips, puis – autre interjection – pfffuit ! Long silence et maturation : Hélas! préparait son set, livré avec parcimonie cet hiver lors de rares dates confidentielles dans des petites salles et enfin pour la toute première fois sur une grande scène tourangelle hier soir, 12 mai jour de la Saint Achille, son chanteur.

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Pour un univers studio qui oscille en permanence entre noisy pop et folk rock tranquille, Hélas! a (pour l’instant) choisit son camp sur scène, affichant contrebasse, violon et guitare acoustique comme autant de signes rassérénants. La batterie est plutôt tranquille, la guitare électrique ne s’affolant que par intermittence. «Nos premiers concerts étaient en petit comité, avec des gens qui n’étaient pas forcément là pour prendre des murs de distorsion, donc ce choix d’une dominante acoustique s’est fait naturellement.» Une option pourtant pas totalement écartée par Hélas!, qui pourrait montrer les crocs sur scène à l’avenir. Ou pas.

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Hier soir au Temps Machine, leur musique subtile et racée nous emmenait plutôt vers des sphères chaleureuses et rassurantes, mais avec cette angoisse tapie derrière chaque accord et chaque mot. «Pour moi, nous sommes à la fin d’une ère, nous a confié Achille après son concert, depuis une douzaine d’années je suis très angoissé par une possible fin du monde, j’en fais des cauchemars régulièrement. Mon écriture est très inspirée par cette peur, mais même si cela peut paraître prétentieux, j’essaie modestement d’une certaine manière de réenchanter le monde, en ne produisant pas un univers musical totalement tourné vers l’obscurité.»

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Une position inconfortable, sur le fil du rasoir, qui a donné à cette soirée une atmosphère assez particulière, avec une langue française mesurée, posée sur des compositions habituées à l’anglais, entre Sufjan Stevens – dont Achille se dit fan (notre entretien sera coupé par «John Wayne Gacy, Jr» cette jolie ritournelle empoisonnée du compositeur américain) – et les Tindersticks, voire à certains moments les Talk Talk seconde période, pour ce dépouillement mélodique envoûtant. «J’essaie de faire un peu de beau, en disant des choses qui n’ont jamais été dites de cette manière», conclut Achille.

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Une histoire tourangelle vraiment à part, dont on a pu entendre trois bouts de la deuxième et dernière partie hier soir, qui devrait sortir sous forme de deuxième EP d’ici la fin de l’année, avec le même ingénieur du son Hugo Barré aux manettes.

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Un degré en plus

> Clip de «Au train où vont les choses»

> Clip de «Depuis la photographie d’une nageuse»

> Prochains concerts le 21 mai au Chato’do à Blois (entrée gratuite, ça paie l’essence pour une petite virée chez nos voisins), puis à Terres du Son le vendredi 8 juillet sur la scène Propul’son

crédit photos : laurent geneix pour 37 degrés

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