Culture

La Fracama : Le ciment des musiques actuelles en région Centre

Aujourd’hui, la Fracama (Fédération régionale des Acteurs Culturels et Associatifs des Musiques Actuelles) est une structure dont la réputation n’est plus à faire, ayant vocation à aider à la promotion des musiques actuelles amplifiées en région Centre. Un réseau riche de plus d’une quinzaine d’années d’expérience, soutenu par les collectivités, essentiellement la Région Centre. Une structure aux ambitions multiples et aux missions pas toujours comprises.

Zoom et décryptage en compagnie de Grégoire Pateau, responsable de l’antenne tourangelle de la Fracama.

Grégoire Pateau Fracama

Considérée comme « des punks pas crédibles » par certains institutionnels et comme « des vendus institutionnels » par certains acteurs culturels, la Fracama est née à la fin des années 90 à partir de réseaux régionaux existants, d’une volonté de faire reconnaître des acteurs culturels et avec pour objectif de défendre les musiques actuelles en les différenciant des autres pratiques.

Derrière cette idée on retrouve à l’origine des acteurs tels que Radio Béton, L’Antirouille (association qui gère aujourd’hui la salle l’Astrolabe à Orléans) ou encore le magazine culturel L’Oreille. Quand il nous raconte la genèse de la Fracama, Grégoire Pateau explique ainsi que contrairement à l’image d’un acteur institutionnel, la Fracama s’est au contraire forgée au départ dans une relation frontale face aux pouvoirs publics : « l’idée de départ était de dire simplement on existe, on créé de l’emploi, on fait bouger les territoires, etc… »

Grégoire Pateau Fracama

Il faudra quelques années pour que la Fracama devienne un interlocuteur crédible aux yeux des pouvoirs publics et obtienne le statut qui est le sien aujourd’hui : « EN 2004, la région Centre a décidé de financer trois pôles de musiques actuelles. Un premier autour de la chanson qui deviendra les Bains Douches à Lignières en Berry, un second axé sur le jazz qui sera octroyé au Petit Faucheux et enfin un dernier, un peu fourre-tout sur les musiques actuelles amplifiées qui sera confié à la Fracama. Ce dernier pôle n’est pas pourvu d’une salle comme les deux précédents, parce que le système de la Fracama était déjà d’agir en réseau sur tout le territoire régional ».

Depuis, les missions de la Fracama, en tant qu’acteur institutionnel se sont affinées et sont regroupées autour de cinq grandes missions :

  • Un Dispositif de repérage et d’accompagnement : PROPUL’SON

Certainement la mission la plus connue et la plus emblématique de la Fracama, Propul’son est un dispositif  lancé en 2005 avec pour but de séléctionner chaque année des artistes en développement et leur offrir un accompagnement personnalisé par des professionnels et leur permettre de se produire dans des concerts labélisés Propul’Son dans le cadre de festivals en région (Printemps de Bourges, Terres du Son…).

Un dispositif à vocation régionale qui a été réformé il y a deux ans. Depuis, la Fracama porte trois projets régionaux en son nom et délègue à des structures des départements de la région Centre, l’accompagnement de deux ou trois projets à l’échelon départemental. Une exception : l’Indre-et-Loire. En effet, en raison de la présence de plusieurs dispositifs similaires comme les Coups d’Boost de Tous en Scène, le Téléscope de Jazz à Tours ou encore les Coups de Cœurs de Terres du Son, la Fracama gère le dispositif en interne sur le département tourangeau sous le nom d’ACD/C 37 (Aide à la Création Disque/Clip 37).

Grégoire Pateau Fracama

D’ailleurs ce nombre important de dispositifs à l’échelon de la Touraine ne conduit-il pas à un risque de saturation ? N’y a t il pas un risque d’épuiser rapidement le vivier des groupes prometteurs, sachant que la plupart ont déjà bénéficié des dispositifs existants ?

Pour Grégoire, c’est une question de cycles : « Quoi qu’il arrive, les gros groupes capables de percer, on n’en trouve pas toujours tous les ans. Mais on ne peut pas dire qu’il y a trop de dispositifs, ils sont tous un peu différents et les groupes peuvent souvent choisir l’accompagnement dont ils peuvent bénéficier. On ne va pas remettre en cause le travail fait par des écoles comme Jazz à Tours ou Tous en Scène. Cette multiplicité permet à différents groupes d’être aidés, même si certains ne perceront pas, ce n’est pas un problème. « 

  • La Structuration du secteur

Deuxième mission qui était l’idée de départ qui a conduit à la création de la Fracama : La structuration et le développement d’un réseau régional des acteurs en musiques actuelles. Quand on voit le chemin parcouru depuis 15 ans, on peut se dire qu’à ce niveau, la Fracama a fait ses preuves.

  • Information / Ressource

Si jamais vous voulez vous renseigner sur l’actualité des musiques actuelles en région Centre, la Fracama met à disposition sur son site internet, des outils complets comme un annuaire, un agenda, des annonces, des chroniques et des brèves,. Des éléments complétés également par deux émissions radios Fracamag sur Radio Campus ou le 1/4 d’heure tourangeau sur Radio Béton…

  • Transmission

Le volet transmission tient en deux axes nous explique Grégoire :

– les Initia’Son, qui sont des modules de sensibilisation, ateliers ou rencontres faits par des professionnels sur divers thèmes : – comment réaliser un book ? Comment créer son association ? Etre en règle avec la Sacem…

Agi-Son : La Fracama en est le relais via notamment la distribution de plusieurs milliers de bouchons d’oreilles dans les lieux de concerts.

Grégoire Pateau Fracama

  • Production / Diffusion

Enfin, cinquième grande mission de la Fraca-Ma est la production / diffusion. Pour la partie production, Grégoire reconnait que ce n’est pas la partie principale de sa structure, bien que celle-ci ait notamment participé aux concerts de la Gloriette il y a quelques années dans le cadre des festivités de la Loire à Vélo : « On y participe ponctuellement, mais ce n’est pas notre action principale, ni notre cœur de métier ».

Côté diffusion, la Fracama gère, via le Chato’do de Blois, la plateforme d’écoute régionale l’Électrophone, sorte de Deezer ou Spotify local et véritable pépite pour tous ceux qui aiment découvrir les groupes locaux.

Géré par des acteurs locaux passionnés, au long, tortueux et riche parcours associatif, musical et culturel, le réseau Fracama est solidement implanté sur le territoire et permet aux groupes, labels, salles, organisateurs de festivals de sentir moins seul et de passer plus vite à la vitesse supérieure. Les projets sont nombreux et l’imagination de la Fracama pour les porter, les mutualiser et les développer semble sans limite.

Laurent Geneix et Mathieu Giua

Crédits photos : Laurent Geneix pour 37°

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