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Elefent sort son EP «Burials» : au commencement était une guitare…

© photo Pierre Mottron

Une fois n’est pas coutume, c’est un instrument qui est la première source d’inspiration d’un groupe. L’autodidacte Olivier Tassaert, originaire de Chenonceaux, est allé jusqu’à Strasbourg en 2014 pour dégoter une superbe guitare Weissenborn. Depuis bientôt quatre ans, il passe des jours à apprivoiser la bête, dans le cadre de reprises et de compositions personnelles. Fascinant sur scène, Elefent convainc aussi sur disque et ce premier opus vaut bien un bon feu de cheminée avec chat sur les genoux.

Elefent* joue à peu près partout : des bancs de sable sur la Loire au sommet d’un puy, en passant par une petite courette ombragée en plein Printemps de Bourges… et maintenant au milieu des bois…

37 degrés : Avant votre rencontre avec la Weissenborn, quel a été votre parcours musical ?

Olivier – Elefent : Je ne viens pas d’une famille très intéressée par la musique, c’est donc venu sur le tard, au lycée. Ma sœur avait une guitare, je lui empruntais et je m’enfermais dans ma chambre pour reprendre des morceaux de Metallica, System of a Down et Linkin Park. En plus du néo-métal, j’ai aussi eu une révélation avec la musique du jeu Final Fantasy. Un peu plus tard, j’ai découvert John Butler et Ben Harper et en 2009 j’ai monté mon premier groupe avec Ben (aujourd’hui aka Chevalien) qui était à la batterie et Clément à la basse, on faisait une sorte de prog-rock. Après, j’ai fait un grand break, je suis parti vivre en Australie, j’ai arrêté la musique.

37 degrés : En 2014, vous vous remettez à la musique, mais d’une manière bien différente…

Olivier – Elefent : Oui, j’avais envie d’autre chose, pas juste de me remettre à la guitare. J’ai donc épluché les petites annonces et j’ai trouvé quelqu’un qui vendait une Weissenborn en très bon état, à moitié prix. Je me suis mis à explorer cet univers particulier, tout en cherchant à dépasser les styles traditionnellement liés à cet instrument unique. Je continuais et continue toujours à écouter beaucoup de métal et d’électro, alors même si je n’ai pas un instrument approprié, cela influe beaucoup sur ma manière de composer et de jouer.

37 degrés : En effet, même si au départ on pense inévitablement à Butler et Harper, votre EP nous emmène assez vite loin de la folk et du blues…

Olivier – Elefent : J’ai fait de cet instrument mon moyen d’expression. Je joue soit en solo, soit avec Marine, Clément et Alban, dont les instruments (percussions, basse et batterie) apportent une énergie et un volume très différent à mes morceaux. Cette dimension scénique contribue à élargir le spectre des territoires musicaux que je continue à parcourir. Plus j’avance dans ce projet et plus on s’éloigne de ce à quoi on peut s’attendre quand on voit cet instrument. Ce nouveau set d’une heure est déjà très différent de ce que j’ai décidé de mettre sur ce premier véritable EP.

37 degrés : Vous écoutez des groupes locaux ?

Olivier – Elefent : Oui, j’aime beaucoup Pierre Mottron, Chevalien, First Draft et Lumen Laulu.

Propos recueillis à La Riche le 29 janvier 2018.

Un degré en plus

> Release Party ce jeudi 8 février au Temps Machine, avec le groupe Grande (5 euros ou gratuit pour les abonnés)

> Le site d’Elefent

* On ne lui a pas demandé pourquoi son groupe s’appelait Elefent, parce qu’on participe aux championnats du monde des journalistes musicaux qui ne demandent pas l’origine des noms des groupes qu’ils interviewent et qu’on va pas craquer maintenant alors qu’on tient depuis de longs mois.

© photo Pierre Mottron
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