Culture

Le clip de la semaine : «Sperne» de Caïman Philippines : Ode au paysage

Morceau puissant, production flamboyante, clip musclé et hypnotique : les Caïman Philippines poursuivent leur story-telling avec brio sur ce «Sperne» (gare à la faute de frappe) et envoient leur mascotte explorer un paysage urbain écrasé de lumière artificielle ou naturelle.

Entre performance tendance Yamakasi soft, balades téléguidées, time lapse à l’entrée de ce qui ressemble à un accès du Louvre (et si c’était ça la vraie vie, finalement : être l’unique être vivant immobile pendant un time lapse ?) et «cat staging» (oui vous savez, le chat, cette déco mobile qui prend tous les espaces possibles et imaginables pendant des heures), ce clip dénonce nos vies de fous où il suffit de s’arrêter deux minutes à peu près n’importe où pour mesurer l’incongruité de la chose. Et au passage, pour finir par faire une (éphémère ?) rencontre.

A l’affût, mais pas vraiment inquiétant, notre «bonhomme» un peu paper toy sur les bords (aperçu d’ailleurs à la Fête du Monstre à Tours le 31 octobre dernier) oscille entre explorateur paumé, muriste expert et urbain tentant de se fondre dans la masse (la séquence Avenue de l’Opéra montrant, à ce titre, son incapacité chronique à s’intégrer).

Au-delà de l’allusion au Rhinocéros de Ionesco, un bel hommage, très graphique, à l’architecture et à l’urbanisme et un traitement passionnant d’une problématique fascinante (et permanente) : comment, quand, pendant combien de temps et pourquoi occuper l’espace ? Ou pas.

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