Culture

Le Bateau Ivre… d’espoir

Hier soir, la célèbre salle de concert, le Bateau Ivre, a rouvert ses portes…Non pas pour recevoir un artiste ou un groupe en devenir mais pour y accueillir le collectif « Ohé du Bateau » qui tenait son assemblée générale.

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Une soixantaine de personnes avaient répondu présent à l’appel du collectif et de l’un de ses porte-paroles, Franck Mouget. Pour lui « le Germanisme nous a emmené sur une voie d’eau qui n’était pas navigable ! ». La rancune est tenace vis-à-vis de l’ancienne municipalité. Pour Franck, « C’est à nous de réinventer le « Bateau » pour mieux vivre avec les habitants et se réapproprier les lieux… ». Et c’est bien de cela qu’il a été question hier soir dans un Bateau Ivre habité par toutes les ambiances des artistes de renom qui sont passés en son sein.

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Les prochaines semaines sont primordiales pour le collectif. Depuis l’arrivée de la nouvelle municipalité à Tours, le projet semblait repartir au beau fixe. Plusieurs rencontres ont eu lieu entre le maire, Serge Babary et son adjointe Christine Beuzelin, entre le mois de mai et tout récemment le 13 novembre. Rappelons que le sujet de la salle qui a vu plusieurs générations de spectateurs a été l’un des points importants de la dernière campagne des municipales. Il convenait donc pour Serge Babary de prendre le projet avec tact. Tout semblait bien se passer quant aux discussions et aux différents scenarii de reprise de l’activité de la salle de la rue Edouard Vaillant… Jusqu’à cette fameuse réunion du 13 novembre et des dernières déclarations du maire au Conseil Municipal du 17. « Serge Babary est, certes, dans la concertation mais il a la même façon de voir les choses que Jean Germain !… Ils ont tous deux une vision plus institutionnelle que de soutien aux projets citoyens » scande Claude Bourdin, membre du Collectif et ancienne tête de liste aux élections municipales. Lundi soir, en séance du Conseil Municipal, le maire UMP de Tours a rappelé fermement que si « Ohé du bateau voulait réinvestir les lieux, il fallait débourser plus d’un million d’euros» (400 000€ pour la propriété des lieux et plus de 600 000€ pour la toiture et les travaux intérieurs). Une note salée pour les bénévoles du collectif qui désirent ardemment faire revivre ce lieu.

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La salle est propriété de la SEMIVIT qui n’a pas vocation à gérer un lieu comme le Bateau Ivre. C’est pourquoi le collectif réfléchit à la possibilité de racheter les lieux ou d’être locataire d’un lieu réhabilité par la puissance publique (La ville de Tours ou Tours Plus). Mais les travaux de mise en conformité coûtent chers. Au minimum, une somme de 600 000 € semble nécessaire. Un scénario à minima a été envisagé à hauteur de 200 000€ par le collectif. Conscient de la sensibilité du dossier, le collectif propose aussi que la salle n’accueille pas de musiques amplifiées mais bien « toutes les disciplines culturelles et des programmations compatibles avec le voisinage » rappelle à l’assemblée Franck Mouget.

IMG_1879Franck Mouget

En terme de calendrier, un dossier doit être déposé à la mairie le 6 décembre. Dans cette perspective, le collectif voulait marquer le coup : Faire une déambulation festive de la salle jusqu’à la mairie en vue de déposer le fameux dossier synonyme d’espoir et de réouverture prochaine. Et là ! surprise… La municipalité refuse d’accorder le droit à Franck et ses compagnons de rendre festive la remise du précieux dossier au motif « qu’Ohé du Bateau ne peut pas se permettre ce type de manifestation alors qu’il y a des gens qui ont faim dehors » . Ces mots prononcés au dernier conseil municipal par le maire de Tours ont étonné un autre membre du collectif, Emmanuel Denis, élu EELV. « J’en suis resté sans voix quand le maire a prononcé ces paroles » témoigne-t-il. Alors quel avenir pour le « Bateau » ? Six pistes sont évoquées par le collectif qui soit les collectivités locales deviennent actrices de l’avenir de la salle, soit elles laissent le collectif trouver seul des solutions. Une souscription pourrait être lancée pour trouver des fonds salvateurs au projet mais peut- être pas suffisants.

« Afin d’être entendu, nous irons jusqu’au squat des lieux » annonce Franck Mouget. Voilà bien un dossier brulant sur le bureau du 5ème étage de l’Hôtel de Ville.

Crédits photos : Arnaud Roy pour 37°

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