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Dali s’expose à Azay-Le-rideau

Dans les travées de la salle Les Halles d’Azay-Le-Rideau est présentée une des plus célèbres paires de moustaches. Salvador Dali est exposé à travers l’œil de son ami Robert Descharnes. Son intimité, ses créations et son excentricité sont révélées au grand jour.

Deux belles moustaches. On dirait presque qu’elles sont recouvertes de gel. Au bout, comme si c’était normal, comme s’ils s’étaient perdus, deux petits parachutes de pissenlit. Avec un regard en coin, pétillant, Salvador Dali se sert du reste de la fleur comme parapluie. Cette si célèbre photo de l’artiste espagnol, vous pouvez aller l’observer à Azay-Le-Rideau. Entre la visite du château et un petit resto’, une petite pause au frais s’impose.

Buste DALI

Dans une belle salle totalement restaurée, une exposition de photos nous emporte au cœur de l’intimité de l’homme aux moustaches. On commence le parcours avec une série de portraits prise par son grand ami Robert Descharnes. Rencontré lors d’un voyage en paquebot, ce photographe a mis en lumière toute l’excentricité de Dali. On le voit dans tous ses états. En vacances, en pose et au travail. Au travail, avec lui, tel qu’il est. Avec l’aide d’un poulpe qu’il tient par le tentacule, il décide de peindre. Et on le voit étaler le poulpe et son encre sur la toile, qui se macule de noir.

Dali s’aime. Et ça se voit. Il joue de son personnage sur ses photos et avec les médias. Au-dessus d’un buste en marbre à son effigie, une citation de Robert Descharnes : « Il est génétiquement espagnol, intellectuellement français, esthétiquement italien et commercialement américain. » Une belle punchline qui aurait plu à l’espagnol tant elle est réutilisée dès qu’il est question de cette exposition dans la salle Les halles d’Azay-Le-Rideau.

Des estampes sont exposées dans un coin de la salle. On peut y voir ses illustrations des fables de La Fontaine. Des animaux aux pattes décharnées, une montre fondue en lieu et place du camembert dans le bec du Corbeau.

Dali s’approprie les univers avec poésie et charme. Charmeur, il l’est. Une autre série de photo le montre, heureux, avec une femme dans les bras, ses moustaches prêtes à lui chatouiller le menton. Notre guide raconte : « C’était la femme de Paul Eluard. Mais dès qu’elle a rencontré Dali, ils sont tombés amoureux. C’est devenu son principal modèle d’inspiration. » Et son agent. Ils sont complices et ça se voit. Pourtant, alors qu’il est « doux et avenant » en privé, elle le trouve arrogant face aux médias.

Sculptures DALI

Dali était un people. Et pas besoin de paparazzis pour le prendre en photo. Robert Descharnes s’en est très bien chargé.

 

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