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Signes des Temps #134 : Le racisme à la porte du Palais des Sports.

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées par notre journaliste Laurent Geneix dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

«No entry» l’interdiction classique. «Appel sécurité» le panneau classique. On décroche le téléphone rouge comme dans les vieux James Bond. «Allo, allo ? C’est Brejnev à l’appareil, c’est quoi ce sous-marin qui se balade près de nos côtes à Behring ? On doit lustrer nos têtes nucléaires pour une attaque demain matin ou bien ?».

Le téléphone, il n’a pas l’air de vraiment marcher entre le Tours Volley Ball et la Ligue Européenne de Volley, ça grésille, ça croustille, ça passe sous un tunnel, puis un autre et encore un autre. C’est fou ce qu’il peut y avoir comme tunnels en ce moment, et sur de plus en plus de routes de la communication tous azimuts.

Ou alors ça fonctionne, mais on ne doit pas entendre pas très bien dans ce vieux combiné. «Allez, les Tourangeaux, ce ne sont que quelques cris de singe à l’encontre d’un joueur noir, on va pas en faire un Sainte-Maure non plus, hein !».
– Vous pouvez répéter ? On n’a pas bien compris, là.
– Allez, les Tourangeaux, ce ne sont que quelques cris de singe à l’encontre d’un joueur noir, on va pas en faire un Sainte-Maure non plus, hein !.
– Ah ben si, on avait bien compris finalement.»

«No racism» se risque cette fragile petite feuille A4, en anglais histoire que le message traverse bien les frontières, physiquement maigre mais symboliquement forte et essentielle résistance, parce que si on donne une rondelle de banane au racisme ordinaire, il bouffe le régime entier. Les responsables des lieux annoncent donc la couleur dès le hall d’entrée du Palais des Sports. Ah ! Le sport ! Ce truc qui croit tellement en l’Homme qu’il ne prévoit dans ses règlements ni sanctions, ni obligations d’excuses lorsque les supporters d’un club humilient un joueur en plein match, à tel point qu’au final c’est lui qui est sanctionné et doit quitter le terrain. Faudra-t-il bientôt s’excuser d’être noir dans le volley européen ?

«Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé», on connaît la rengaine. Tenez, l’impolitesse élémentaire par exemple, elle n’est pas interdite. Le crachat à la gueule non plus, dans l’absolu, ça ne rentre dans aucune case délictuelle. Le doigt d’honneur, le bras d’honneur, pas plus. Honnêtement, on aurait bien tort de s’emmerder à dire bonjour aux gens quand on arrive quelque part au final, puisqu’aucune loi ne l’oblige.

Ni l’élégant club grec concerné, ni la très humaniste Ligue Européenne de Volley n’ont de compte à rendre à personne, en somme. Vous ne voulez quand même pas qu’ils s’abaissent à faire un truc qu’aucun de leurs juristes éclairés n’a réussi à dénicher dans aucune annexe d’aucun règlement ?

Un degré en plus

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