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Signes des Temps #132 – Le calme avant la tempête à l’Heure Tranquille.

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées par notre journaliste Laurent Geneix dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

L’Heure Tranquille, l’Heure Tranquille… C’est vite dit ! Moi quand je vais me balader là-bas, je suis toujours aux aguets. Quelle idée aussi d’installer un centre commercial en plein dans le territoire de deux lions ? A croire que le bipède à station verticale est bien naïf ! Qu’est-ce qu’il croit ? Que les fauves sont domptés à jamais et que les étudiants, les consommateurs fans de franchises et les employés de la métropole, chair fraîche ambulante, peuvent aller et venir jour après jour dans l’insouciance généralisée jusqu’à la nuit des temps ? C’est bien mal connaître la nature et le proverbe jocondien du nord, «prédateur un jour, prédateur toujours !».

Même si les deux spécimens locaux sont la plupart du temps enfermés dans une cage le long de la voie du tram, cette photo prise par un grand reporter un samedi après-midi dans un recoin du centre commercial près des toilettes ne laisse rien présager de bon. Déjà ça veut dire qu’ils peuvent se balader tranquilles, les deux lions, ce qui n’a l’air d’affoler personne.

Heureusement que nous, média local au taquet,

sommes là pour tirer la sonnette d’alarme !

Certes sur l’image, le mâle fait bonne figure et profil bas, en plein mouvement #balancetonporc, genre «je m’aplatis devant ma femelle et cette bestiole imberbe à peau blanche, si ça peut leur faire plaisir de penser qu’elles gèrent la situation». Mais sérieusement ? La femelle pareil, elle pose tranquille parce qu’elle est comme tout le monde, elle a besoin de cachetonner pour avoir ses 507 heures, mais y’a pas besoin d’avoir fait 8 ans de psycho pour lire dans son regard qu’elle s’en paierait bien une tranche, de la gazelle.

Pas besoin d’enquêter bien longtemps pour en apprendre pas mal sur le passé sulfureux des deux fauves de la Gloriette. Outre leur hypercarnivorisme propre à leur espèce, ces deux-là ont un casier long comme le bras (celui qu’ils vous boufferont un jour sans crier gare) : après un début de carrière aussi paisible que brillant dans des logos de barres chocolatées, de production audiovisuelle, de banque en ligne ou de véhicules automobiles, ce mâle rencontre sa femme et tout se met à déraper. En quelques années, c’est bien simple : ils bouffent tout ce qu’ils trouvent. Enfants, bébés, personnes âgées, militants d’En Marche… Rien ne résiste à leurs crocs sanguinaires.

Ils s’installent sur cette plaine au milieu des années 60, invités par un groupuscule de nationalistes jocondiens qui n’ont pas digéré l’annexion de ce territoire par la commune de Tours. En 1989, Jean Royer en personne vient négocier avec eux pour qu’ils signent un pacte de non agression en vue de la création d’un nouveau quartier. Document ultra-secret que nos investigateurs se sont récemment procurés. On y apprend que les deux bêtes s’engagent à ne manger aucun être humain «né dans le 37 « (étranger, passe ton chemin !) en échange de quoi le quartier devra porter leur nom.

D’une durée de 30 ans, le contrat se terminera en janvier prochain. On dit ça, on dit rien.

Un degré en plus

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