ChroniquesChroniques-Société

Signes des Temps, #207 : Éteins la lumière !

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

Parfois, ça fait du bien de râler. Le monde ne tourne pas forcément mieux, mais ça doit libérer une hormone qui nous redonne un peu de force pour affronter les vicissitudes de la vie (vicissitude, c’est le genre de mot, tu le places dans une dictée tu fais un carnage !).

Alors râlons. Bon sang de bonsoir, c’est quoi cette ville où les bars ferment à 2h du matin mais où le dernier bus quitte la gare à 0h05 ? Fichtre diantre ! Voilà, ça va mieux.

Cela étant dit, le bus étant parti depuis belle lurette, il va bien falloir rentrer à la maison. A pied, pour éliminer tout ce qu’on a mangé de trop gras, trop sucré ou trop salé ces derniers temps (merci de ne pas juger). Alors que certaines associations établissent des cartes de temps de trajets à vélo pour l’agglo, nous on envisage de faire pareil pour les temps de trajets à pied en fin de soirée (avec une fourchette selon l’intensité de la soirée susnommée, si vous voyez où l’on veut en venir). Voici un premier parcours : Vieux-Tours / Beaujardin, 38 minutes. Dont 30 secondes pour prendre cette photo Rue de Bordeaux.

« Mais pourquoi tu as perdu du temps à prendre la devanture d’un magasin de chaussures à 1h du mat’ ? » C’est le moment de râler une seconde fois.

En France il existe une loi qui intime aux commerces d’éteindre leur vitrine au beau milieu de la nuit. Mais certains oublient (volontairement ?). Après tout, des personnes qui passent devant l’échoppe en rentrant de soirée pourraient repérer un article, et revenir le lendemain pour l’acheter. Mais si c’est tout noir bah c’est une vente de perdue. Comme les forces de l’ordre ont mieux à faire à cette heure-là que de recenser les vitrines encore allumées (ça peut se concevoir) et que l’État doit avoir une bonne excuse pour ne pas payer des heures supp’ aux agents de la répression des fraudes qui pourraient aussi faire un petit tour, il sera sans doute encore possible de loucher régulièrement sur des tennis les vendredis et samedis soirs.

 

Note : nous avons masqué l’enseigne parce que ce n’était pas la seule encore allumée dans la rue.


Un degré en plus :

Pour découvrir toute la collection des Signes des Temps cliquez ici. Et si vous aimez cette chronique, retrouvez une compilation des plus belles proses de ses 3 premières années dans un livre paru chez les Éditions Sutton. En vente dans toutes les bonnes libraires 😉

Print Friendly, PDF & Email