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Le clip de la semaine : « Minotaur » de Péroké

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux et en extirpons un clip. Cette semaine découvrez Minotaur de Péroké.

« N’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité ». Voilà comment on peut traduire cet extrait de la Bible. Il apparaît écrit en espagnol sur un fond rouge sang dans le nouveau clip de Péroké. « Ca représente bien ce que vivent les personnages », explique Shoot Like Schupak, le réalisateur du clip. Le personnage dont il est surtout question est celui d’une jeune femme charismatique. D’abord on la découvre désinvolte, en colère, puis rieuse et enfin amoureuse. « Le clip montre une forme d’émancipation, explique le vidéaste. C’est celle d’une jeune fille qui évolue dans un monde d’homme, l’univers taurin, et qui s’affirme en tant que femme. ».

Pour raconter cette histoire, Shoot Like Schupak joue avec les images, comme lorsqu’il brule une Bible à l’occasion du mariage fantasmé des jeunes amants. « L’idée n’était pas de provoquer. C’est un symbole qui a un sens fort, qui retranscrit quelque-chose de notre génération », explique-t-il. La séquence leur vaudra cependant quelques soucis : You Tube refusera d’accéder à leur demande de promotion de la vidéo. Concernant la photographie, une chaleur et une vitalité habitent la caméra. Autour de quelques plans construits comme des tableaux, ce sont surtout des séquences où la caméra est portée à l’épaule. Nous sommes au plus près des personnages, emportés dans leurs émotions. « Je voulais être dans quelque-chose de viscéral, de bestial », rapporte le réalisateur. Les couleurs, les lieux, les habits ou encore les jeux d’acteurs sont très finement soignés. Les codes modernes et plus traditionnels sont habilement mélangés (particulièrement pour la séquence du scooter dans l’arène). On pense parfois aux clips de The Blaze .

Cette histoire, le réalisateur l’imagine à l’écoute du morceau de Péroké. « Il y avait dans le titre un côté un peu transpirent, crade, que je voulais retranscrire visuellement ». C’est en Camargue, alors qu’il est chez de la famille, qu’il commence à penser les images, à imaginer les scènes. « Je baignais dans un univers chaud, cramé. Je crois que ça a influencé mon imaginaire pour ce clip ». C’est là-bas qu’il décidera de le tourner, à Saint-Martin-de-Crau, près de Montpellier, et à Lunel, la ville de son grand-père. Ils passeront seulement deux jours sur place pour tout mettre en boîte.

Pourtant, à l’origine, le groupe Péroké se projetait plutôt au Moyen-Orient. Le duo tourangeau imagine une course de chameaux et se base sur des images tournées au Quatar. Mais l’idée n’est pas des plus facile à réaliser. C’est alors que Jonathan propose la Camargue et les taureaux, ce qui séduit le groupe. « C’est un clip intéressant à regarder, qu’on pourra revoir dans plusieurs mois sans s’ennuyer », estime Fred, la moitié du duo. « Je trouve que les images marchent hyper bien, on en oublierait presque la musique », plaisante-t-il. La musique reste ce qui lui tient le plus à cœur. Pour ce clip, il n’a pas participé du tout à la réalisation. Ce n’est pas son ambition, il trouve que le travail de l’image est un métier qui demande une exigence très importante. Il préfère se consacrer uniquement au son sur lequel il passe déjà beaucoup de temps. « On avait fini un album au mois de juin et on a jeté la moitié des morceaux. Normalement il aurait dû sortir en cette fin d’année ». Après deux 2 EP parus en 2017 et 2018, Fred vient de l’apprendre aujourd’hui : l’album de Péroké sortira le 20 mars 2020.

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