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Le clip de la semaine : « Computer Heartbeat » de Rubin Steiner

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux et en extirpons un clip. Cette semaine découvrez Computer Heartbeat de Rubin Steiner.

« Calculated music, electronic poetry… ». À première vue, ces mots qu’on retrouve ici réunis sont issus de mondes opposés. Ca ne semble pas être le sentiment de Rubin Steiner. Avec Computer Heartbeat, le tourangeau nous présente le petit esprit malicieux qui se trouve dans un ordinateur. Nous plongeons dans le cerveau des machines, nous visualisons leurs mouvements, nous sentons leurs cœurs battre. TR 808, TB 303… Ces instruments iconiques de la musique électronique sont accordés et dansent ensemble dans un univers à la fois coloré et froid. Une ambiance qui rappelle l’esthétique cheap de Kraftwerk, avec un brin de malice en plus.

« J’essaie de rentrer à l’intérieur de cette conscience un peu fantasmée de l’ordinateur », explique Rubin Steiner. Avec le terme ordinateur il désigne également les boites à rythme vintages. D’ailleurs, il s’en détourne de plus en plus. « Je me questionne sur le retour des machines analogiques. J’ai revendu les miennes, je n’utilise quasiment que des émulations sur ordinateur. Ce qui compte c’est ce qui sort des enceintes. »

Dans son travail de musicien, l’ordinateur a toujours été un élément central. Lorsqu’il lance son projet à la fin des années 90, son inspiration est directement liée aux machines. « J’ai commencé à faire de la musique sous le nom de Rubin Steiner grâce à un ordinateur. Ca a été une révolution de me dire que je pouvais tout faire de A à Z », raconte-t-il. Aujourd’hui il continue à produire dans sa cave, à faire le « geek » comme il l’admet lui-même. « Je fais de la musique comme on joue aux jeux vidéos. Je peux travailler de 22h à 5h du matin. »

Ce côté geek et « do it yourself », Rubin Steiner le revendique. C’est lui-même qui a réalisé ce clip, de manière totalement empirique. « Ma façon d’utiliser Final Cut, le logiciel de montage, ne doit pas être enseignée en cours », plaisante-t-il. C’est aussi comme ça qu’il dit faire de la musique, en essayant de nombreuses choses et en se laissant aller au hasard. « Avec les ordis on peut se permettre de faire n’importe quoi. Au bout d’un moment, la machine fait des choses que tu n’as pas décidé. Ca me fascine. ». C’est ce qui se passe à la fin du clip de Computer Heartbeat : on se perd dans des lignes de programme et des images qui se déforment. Un travail minutieux qui aura mobilisé le tourangeau pendant une grosse semaine. « Je me suis un peu pris la tête », admet-t-il. On ne peut que le croire.

Un degré en plus :

Pour écouter l’album, c’est ici.

 

Say Hello to the Dawn of Paradox (LP, 2019) by Rubin Steiner

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