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[Le clip de la semaine] « Casser » de Nivek


Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous. Cette semaine découvrez Casser de Nivek.

« J’ai peur du noir, mais pas que. Si je cours le soir c’est devant un baqueu ».

C’est avec ces mots que Nivek débute le morceau casser, issu de son album V. À eux seuls, ils témoignent du lien entre le clip et la chanson. Il est question d’ombre et de lumière, d’une cité urbaine enneigée et d’une forêt plongée dans la nuit. Le rappeur y apparaît seul et vulnérable sous la lumière d’un drone. C’est cette machine qui tient le rôle du « baqueu » (terme d’argo désignant un policier de la brigade anti-criminalité, NDLR). Elle est un personnage à part entière du clip, celui qui poursuit le chanteur, qui l’oppresse avec son faisceau lumineux.

Les plans avec la machine ont été tournés dans la forêt de Chinon. « Le drone est une métaphore de la police mais aussi de la surveillance en termes plus généraux, explique Nivek. Je voulais qu’on ressente une tension entre les deux sujets ». La machine a été construite par Dronecontrast, une entreprise jocondienne. Yannis Pachaud, le réalisateur du clip, a l’idée de l’utiliser pour une de ses réalisations alors qu’il travaille avec l’entreprise sur un tournage de nuit. Le vidéaste a déjà collaboré avec Nivek sur les très bons clips de Béton et V. Le duo signe ici sa plus belle collaboration et Yannis Pachaud peut-être sa plus belle réalisation.

« Pour figurer les cendres dont parle Nivek sur le refrain, on espérait une tempête de neige, explique le vidéaste. On a sauté sur l’occasion un matin, on s’est rendu sur les rives du cher ». Le duo y avait déjà tourné le clip de Mec en part en 2013. Ce qui les intéresse là-bas c’est l’opposition entre le lit du cher et les buildings qui l’entourent, tout comme l’arche de béton s’oppose aux cimes des arbres dans la forêt de Chinon. C’est sans doutes cela que montre la vidéo : la tension entre la nature et le béton, entre une machine et un homme, entre l’ombre et la lumière… Des moments de tension où les choses peuvent se casser.

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