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[La Bouteille du week-end] Vin de France 2010, Racines, L’Epicourchois

Comme un bon vin ne s’apprécie que s’il est partagé, chaque vendredi dans [La bouteille du week-end], Guillaume Lapaque vous fait part de sa rencontre avec un vin ligérien et vous en parle avec passion et délectation.

En fouillant bien les rayons de son caviste, on tombe parfois sur de véritables trésors ! J’avais ainsi trouvé il y a quelques temps un très rare Bourgueil 2010 de Pierre-Jacques Druet. Et cette fois-ci, chez Enfin du Vin à Candes Saint-Martin, je suis tombé sur une autre bouteille introuvable : la cuvée Racines 2010 du Domaine l’Epicourchois. J’ai vérifié auprès de Luc Percher, le vigneron de Cheverny qui signe cette cuvée : même lui n’en a plus !

J’avais très envie de regoûter cette cuvée 9 ans après sa mise en bouteille. D’autant plus qu’il s’agit d’une cuvée pratiquement exempte de sulfites, et qu’on pense souvent, à tort, que les vins pauvres en sulfites vieillissent mal. Celui là a très bien vieilli !

Et cette cuvée m’intéressait d’autant plus qu’il s’agit d’un vin produit uniquement à partir du très rare cépage menu pineau. Egalement appelé Orbois ou Arbois (sans aucun lien pourtant avec l’AOC Arbois qui se trouve dans le Jura), ce cépage cousin du chenin était traditionnellement utilisé dans les AOC Vouvray et Cheverny. Aujourd’hui, il a pratiquement disparu et on en compte sans doute moins de 300 ha, presque exclusivement plantés dans le Loir-et-Cher. Mais il reste, à Cheverny, quelques amoureux du menu pineau qui ont même entrepris d’en replanter !

La bouteille que j’ai dégustée donne très envie que le cépage ne disparaisse pas !

Sa robe d’un doré soutenu est très séduisante.

Au premier nez, ce sont les notes oxydatives qui dominent. Les notes oxydatives donnent une odeur de noix qui pourrait d’abord faire penser à un vin du Jura. Elles sont sans doute liées à la faible quantité de sulfites, mais également à l’élevage de ce vin, pendant 18 mois en cuve, avant embouteillage.

En prenant le temps de l’agiter, on découvre un bouquet plus complexe, avec des notes de brioche toastée et de fruits jaunes.

En bouche, l’équilibre est parfait : le vin est très gras et empli la bouche, l’aromatique est puissante et une légère acidité donne à l’ensemble une agréable tension.

Difficile de décrire le bouquet tant il nous fait voyager ! On retrouve des notes de fruits jaunes, peut-être d’ananas, des notes de miel également qui témoigne de la bonne maturité des raisins, on retrouve aussi la touche de noix que nous avait donnée le premier nez et on trouve également des notes épicées, liées au vieillissement de cette cuvée, et même quelques notes florales.

Cet étonnant bouquet aromatique pourrait faire songer au cépage Romorantin, le voisin de l’AOC Cour Cheverny.

A la fin de la dégustation, le vin se termine sur une agréable touche saline et l’ensemble de ces arômes restent longtemps en bouche.

Pour son caractère légèrement oxydatif je suis convaincu que ce vin serait parfait à l’apéritif, avec quelques tranches de Comté. Mais le bouquet lui permettrait également de s’associer avec une cuisine exotique assez épicée. J’ai dans l’idée que cette rare bouteille serait admirable pour accompagner un mijoté de cabillaud au curry et lait de coco.

* Vin de France 2010, Racines, L’Epicourchois

12, La Marigonnière

41 700 Cour Cheverny

Tél : 02 54 79 95 39

http://lepicourchois.com

* 14,50 € à Enfin du vin

1, route de compostelle

37500 Candes-Saint-Martin

Tél. : 02 47 95 07 61

Sur Facebook : https://www.facebook.com/enfinduvin/

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