Chroniques-CultureChroniques

Le clip de la semaine : «Fuckwit» de Chill Bump

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

Gogols Street View

C’est bien connu : si à 30 ans tu n’as pas une BMW customisée, c’est que tu as raté ta vie. Pas de problème existentiel pour notre duo tourangeau préféré : ils sont équipés et entretiennent donc à leur humble manière la légendaire suprématie allemande dans l’industrie automobile. En plus ils ont un échafaudage, ce qui les surclasse définitivement.

Voilà que pour Chill Bump s’approche la sortie fatidique du deuxième album, cette mythique étape déterminante pour les groupes ayant sorti un premier album parfait. Trois scénarios possibles : la redite et le surplace, le flop ou une barre franchie à 6m20 après un saut réussi du premier coup à 6m16. Dans les deux premiers cas, un oubli poli, dans le troisième la gloire éternelle.

Ce premier extrait de «Going nowhere» donne le ton et une interprétation possible du titre de ce LP à venir : jouant avec les codes de Google Street View et autres dérives digitales, le décor de «Fuckwit» raconte que toute exploration du joli monde dans lequel nous vivons se termine potentiellement dans un quartier résidentiel insipide où des autochtones un peu barrés ont l’air de se faire un peu chier, une belle définition de «nulle part» en effet. La lueur d’espoir vient du fait que des mecs se démarquent un peu du lot en faisant les cons dans la rue (le jour où plus personne ne fera le con dans la rue, c’est là qu’il faudra vraiment s’inquiéter pour l’avenir de l’espèce humaine) et, surtout, en y installant du matos pour y jouer de la musique.

Titre à double tranchant, «Going nowhere» peut vouloir aussi dire qu’on n’a pas besoin de bouger d’où on est parce qu’on s’y sent plutôt bien. La Touraine ? Why not. Toujours mieux que ce lotissement sordide et inquiétant de normalité (mais si ça dérape un quand même). Côté musique, c’est propre et assez convaincant, même si on est dans une veine plus classique que les pépites imprévisibles de «Ego trip» (premier album sorti fin 2014) tels que «Not today», «Sick», «Oméga» ou «The Memo». Une mini-boucle de piano qui vient voleter par intermittence comme un papillon sur un flow soutenu et un son de basse électro bien gras, plein de petites percussions légères qui gratouillent en douceur : aucun doute, le ciselage sonore à la Chill Bump est bien de retour !

Ni tube imparable, ni ovni musical, mais de très belle facture néanmoins, ce premier extrait entretient donc le suspens pour la suite : il reste 13 titres à Chill Bump pour nous convaincre qu’ils sont encore plus forts qu’il y a trois ans.

Un degré en plus

> La page Facebook de Chill Bump

> Prochain concert dans le coin : Le Temps Machine le vendredi 20 octobre (avec Mazette en première partie, hé ouais), au milieu d’une grosse tournée qui les emmène de Bordeaux à Strasbourg, de Rennes à Mende, en passant par Annemasse, Niort, Agen, Saint-Etienne ou encore Amiens ou Marseille…

> Retrouvez toute la collec des clips de la semaine en cliquant ici.

Print Friendly, PDF & Email