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[Le Chiffre] 72 000…

…soit le record de voyages en une journée dans le tram de Tours.

[Le Chiffre] c’est une nouvelle chronique plus ou moins régulière (faut pas trop déconner non plus), dans laquelle nous décortiquerons un chiffre qui a fait l’actu mais à la sauce 37°. Une seule promesse : les chiffres mis en avant sont véridiques, les commentaires plus ou moins approximatifs…

Aujourd’hui intéressons nous au chiffre 72 000… comme le record de voyages en une journée dans le tram de Tours.

C’est pas peu dire qu’à Fil Bleu ça a du déboucher le champagne au moment d’annoncer les chiffres de fréquentation du tramway. Alors qu’un tram est jugé rentable à partir de 30 000 voyages journaliers, celui de Tours affiche une santé insolente (exceptant les pannes, accidents et autres rayez la mention inutile) avec 16,3 millions de voyages du 1er janvier au 31 décembre 2017, soit une hausse de 3,7% en un an et une moyenne de 44 657 tickets validés au quotidien, dimanches compris. Mais surtout, le vendredi 6 octobre, 72 000 voyages ont été comptabilisés sur le tracé, un record absolu, mieux encore que les 70 000 montées recensées un beau jour de novembre 2016.

72 000 voyages, c’est la moitié des habitants de Tours, deux fois la population de Joué-lès-Tours, 12% du total de personnes vivant en Indre-et-Loire… Au petit jeu des comparaisons hasardeuses et inutiles 72 000 c’est presque l’équivalent d’un stade de France (ou 5 fois le stade de la Vallée du Cher rempli, mais vu l’affluence des matchs du Tours FC en ce moment il faudrait presque une demi-saison de Ligue 2 pour y arriver).

Cela dit, faisons un petit point étymologique : dans le langage légèrement ambigu de Fil Bleu et de Tours Métropole 72 000 voyages, ce n’est pas 72 000 personnes différentes. C’est 72 000 titres de transport validés en 24h. Donc par exemple, si tu vas au travail le matin en tram et que tu reviens avec le tram le soir, si tu passes bien ta carte d’abonnement devant la petite machine à chaque fois (« bip », « bip »), ça compte pour 2 trajets.

72 000, cela en fait des gens penchés sur leur smartphone, des coups de sacs à main/sac à dos, des pieds écrasés, des « Pardon… » quand on essaie de se frayer un chemin jusqu’à une place assise ou la porte la plus proche. Ça en fait aussi des gens qui ont fredonné « Tidam Tidam Tidadam » à la station Palais des Sports et des « bips bips » au moment de valider le voyage.

Nous ça nous laisse bouche-bée, surtout quand on sait que c’est arrivé un 06 octobre. Un 06 octobre quoi, certainement l’un des jours de l’année les plus anodins qu’il soit. Mais POURQUOI le 6 octobre alors ? On a (vraiment) essayé de savoir, et on n’a pas reçu de réponse officielle. Du coup on a émis plusieurs hypothèses :

  • Première piste : il faisait un temps tout pourri, et tout le monde s’est rué vers le tram pour voyager au sec. Même pas ! Selon Météo France il y a eu 6h de Soleil dans la journée, pas une goutte de pluie et il a fait jusqu’à 16,2°, ce qui est plutôt pas mal pour la saison.
  • Deuxième hypothèse : les Tourangelles et les Tourangeaux ont déformé le proverbe du jour disant « à la Saint-Foy, prends la nèfle quand tu la vois ». Ils ont compris, « à la Sainte-Foy, prends le tram quand tu le vois » et ils se sont exécutés.
  • Troisième solution : les chiffres sont truqués (#théorieducomplot)
  • Quatrième possibilité : vendredi = fin de semaine = flemme = je prends le tram. Mais pourquoi ce vendredi là plus qu’un autre jour ? Cette question pourrait faire l’objet d’un sujet au bac philo, « vous avez 4h ! ».
  • Cinquième thèse : ce jour-là, l’alignement des planètes, la force centrifuge, et les vœux les plus chers de Frédéric Augis (vice-président de la métropole en charge des transports) ont créé une énergie intergalactique qui a inconsciemment poussé tout ce monde à monter dans le tram.

Résultat des courses : on ne sait toujours pas. Mais est-ce si grave ?

A noter que l’auteur de ces lignes, qui prend en général 2-3 fois le tram par jour, ne s’est pas mêlé à la foule ce jour-là, exceptionnellement. En revanche il a pris le TGV, mais ça, tout le monde s’en fout.

Texte Olivier Collet
Vidéo Mathieu Giua

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