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[La Bouteille du week-end] Blanc d’hiver 2017, Vin de France, Ampelidae

Comme un bon vin ne s’apprécie que s’il est partagé, chaque vendredi dans [La bouteille du week-end], Guillaume Lapaque vous fait part de sa rencontre avec un vin ligérien et vous en parle avec passion et délectation. 

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J’ai bu mon premier vin du millésime 2017 ! Une sorte de bernache civilisée, à mi-chemin entre le jus de raisin et le vin. Une fantaisie qui devrait nous aider à passer l’hiver !

Sans attendre le troisième jeudi de novembre, ce jour magique où les Japonais remplissent des piscines de Beaujolais nouveau, j’ai dégusté mon premier vin du millésime 2017 ! On trouve déjà à l’Affiné, la toute première cuvée du nouveau millésime, le « Blanc d’Hiver » de Frédéric Brochet, vigneron bio à Marigny-Brizay dans le Haut-Poitou.

Avec les sœurs Tatin et le confiseur de Cambrai, Frédéric Brochet mérite très certainement une place de choix au Panthéon des auteurs d’erreurs salutaires. Car il l’avoue bien humblement, c’est à la suite d’une erreur qu’est née cette cuvée : « En 2003, les vendanges avaient été très précoces. J’ai refroidi une cuve de sauvignon pendant qu’elle fermentait, mais je l’ai oubliée… Le froid a mis fin avant l’heure à la fermentation. Ce vin n’a que 10° d’alcool et il lui reste 36 grammes de sucres résiduels ».

Frédéric Brochet a depuis perfectionné la technique qui lui permet chaque année de renouveler son « erreur ». En stoppant la fermentation avant son terme, il parvient à enfermer dans la bouteille le fruité des raisins, l’odeur du pressoir, et mille et une saveurs qui, pendant l’hiver, nous permettront de nous souvenir du soleil de l’été.

Il faut le boire pour le croire : au premier nez ça sent la poire, une odeur nette et éclatante. On se demande comment on a pu enfermer autant de fruit dans une bouteille de vin. Dès qu’on agite le verre, on affole ses papilles : de l’abricot, de la banane, de l’ananas, des fruits exotiques. On ne sait plus où donner du nez.

En bouche, l’équilibre est parfait entre l’acidité de ce très jeune vin et les 36 grammes de sucre du raisin, à peine perceptibles.

On aura plaisir à boire cette bouteille à l’apéritif, juste pour le plaisir du vin, comme une aimable façon de découvrir en avant-première son premier vin de Loire de 2017.

On pourra aussi l’accorder à merveille sur un dessert pas trop sucré : une charlotte à l’ananas ferait parfaitement l’affaire.

Ce n’est assurément pas un vin à faire vieillir parce qu’il doit être apprécié pour la qualité du fruit frais enfermé précocement dans la bouteille. Il faut juste en conserver quelques bouteilles pour l’hiver. Pour lutter efficacement contre les jours qui raccourcissent et le soleil qui s’en va. Et en dégustant ce soleil en bouteilles, on pensera à ce vigneron du Haut-Poitou, à la pointe sud de la vallée de la Loire, qui un jour de 2003 a commis une belle erreur !

Blanc d’hiver 2017, Vin de France, Ampelidae
Ampelidae
Manoir de Lavauguyot
86380 Jaunay-Marigny
Tél : 05.49.88.18.18
http://www.ampelidae.com
Sur facebook : https://www.facebook.com/Ampelidae/

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