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Les clés de la réussite du TVB

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en remportant le titre de champions de France samedi soir, le TVB a garni sa galerie de son 7e titre national et de son 22e trophée au total, depuis le premier en décembre 2002. Une réussite impressionnante, grâce au joueurs sur le terrain évidemment, mais aussi à un environnement dans le club qui a fait ses preuves.

(c) Philippe Maitre

Un club construit dans la stabilité

Championnats, coupes de France, coupes d’Europe, le TVB a tout remporté ou presque et est devenu un ogre à l’appétit permanent. Ce lundi soir, lors de la cérémonie en l’honneur des volleyeurs à l’Hôtel de Ville de Tours, le président du club Yves Bouget ne disait pas le contraire : « un titre c’est bien, deux c’est mieux et ce sera l’objectif l’an prochain ». Mais regarder les résultats de ces 15 dernières années, il serait facile de voir dans le TVB un club taillé pour tout remporter, construit dès le départ comme une machine à gagner inébranlable. Pourtant en regardant à une échelle plus fine, on se rend compte que l’histoire du TVB est loin d’être linéaire et que si dans les grandes lignes, la progression est finalement assez constante, le club tourangeau s’est construit patiemment en partant au départ de pas grand chose.

« C’est une aventure qui a été longue. Aujourd’hui les gens n’y font pas attention et pensent que le TVB est monté vite en haut de la hiérarchie, pourtant le TVB a pris son temps pour franchir les étapes. Après la montée en Pro A, on a disputé nos premiers play-off au bout de cinq saisons, on a gagné notre premier titre au bout de 9 ans. La tendance dans le haut niveau est d’aller trop vite, à l’inverse nous ne l’avons pas fait » nous expliquait ainsi Pascal Foussard, le directeur général du club l’an dernier.

Relire : « Le TVB a pris son temps pour franchir les étapes »

Et si le club surfe depuis des années avec les sommets, le club tourangeau a aussi connu ses années de disette à la fin des années 2000 ou encore ces deux dernières années où le titre national se refusait au club. Mais le TVB a toujours su relever la tête et repartir de l’avant, donnant l’impression que les crises n’existaient pas ou restaient finalement que des épiphénomènes incapables d’enrayer une machine bien huilée.

Si le TVB donne cette impression c’est avant tout grâce à la stabilité dans son encadrement. Une stabilité incarnée bien sûr par Pascal Foussard, le directeur général au club depuis les années 80, mais aussi par une dizaine de personnes dans le staff, de dirigeants et bénévoles dans l’ombre, présents depuis de nombreuses années et pour certains qui ont connu tous les titres : Claude Bougel, le vice-président, Boris Labbé, le secrétaire général, Jérôme Piquet, le kiné, Willy Guignard, Nathalie Hénault… pour ne citer qu’eux. Et si le TVB reste aujourd’hui une petite structure de quelques salariés et composée essentiellement de nombreux bénévoles, cette stabilité construite sur une histoire commune est incontestablement une des clés de sa réussite. « Le TVB s’est construit sur des valeurs que l’on perdure aujourd’hui : celles d’être à la fois un club familial, mais  qui soit également un acteur sportif et économique » expliquait encore Pascal Foussard.

Un modèle qui fait école

Un environnement sain qui donne confiance aux partenaires, autre élément essentiel dans un milieu sportif de haut niveau où l’argent est une donnée indispensable. Le TVB a ainsi su s’entourer et trouver son modèle. Avec 2,5 millions d’euros, le TVB a le plus gros budget de France. Un budget composé à 53% de partenaires privés et 47% des collectivités alors que la moyenne nationale pour un club de volley en France est de l’ordre  de 80% provenant des collectivités et 20% du privé. Un modèle qui s’appuie notamment sur le TVBE (Tours Volley Ball Entreprises) et sa centaine d’entreprises membres et qui fait école aujourd’hui. Des partenaires privés mais aussi publics, heureux aujourd’hui de soutenir un club devenu une vraie vitrine pour le territoire tourangeau.

Autre signe de la stabilité exceptionnelle qui entoure le TVB : son public. Un public fidèle avec une salle Grenon qui affiche un taux de remplissage conséquent, entre 2500 et 2600 spectateurs de moyenne sur une jauge de 3000. Un travail là encore de longue haleine qui participe à la bonne image du club.

(c) Pascal Montagne

Malgré tout, rien n’est jamais acquis, nous le disions, et le TVB sait qu’il ne peut se reposer sur ses acquis. « Il ne faut pas banaliser les résultats » répète régulièrement Pascal Foussard, « il ne faut pas oublier que le haut niveau est très très exigeant et que parfois il tient sur des détails ». Et pour rester au top, le TVB sait qu’il doit encore progresser, notamment par rapport aux grands clubs européens venant de Pologne, d’Italie ou de Russie, aux moyens financiers nettement supérieurs. Cette progression elle passera par l’adaptation de son outil de travail, la salle Grenon, qui sera rénovée cet été pour répondre aux normes européennes. Une première étape avant une restructuration plus grande et portée par la ville de Tours et la Métropole, du Palais des Sports pour en faire un vrai complexe dédié en grande partie au volley.

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Un aménagement qui doit permettre au TVB d’avoir un outil complètement adapté à son standing mais aussi contribuer à ancrer un peu plus Tours comme une place forte du volley, avec pourquoi pas l’idée de devenir une base arrière d’une sélection nationale pour les JO 2024. Loin d’être une utopie, la réputation du TVB et les relations construites par le club au niveau international ayant déjà permis l’accueil de plusieurs sélections comme le Brésil il y a quelques années. Là aussi, un signe qui montre la solide réputation liée au travail mené par le club depuis de nombreuses années.

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 Photo à la Une : (c) Laurent Depeigne

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