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The Stranglers : « On refuse d’être figés dans le passé »

En tournée pour 9 dates, The Stranglers sont de retour en France. Une tournée, « Classic Collection » qui coïncide avec la réédition de leur discographie des années 1977-82, qui passera jeudi soir par Chambray-lès-Tours. Une date qui ravit beaucoup de fans de ce groupe mythique de la scène britannique de la fin des années 70-80. Entretien avec le bassiste et leader français du groupe : Jean-Jacques Burnel.

37° : The Stranglers ont traversé les époques et sont toujours là 40 ans après, c’est un fait plutôt rare.

JJ Burnel : En fait, on a jamais calculé, on vit dans notre époque parce qu’on a toujours refusé d’être figé dans le passé. La deuxième raison c’est qu’on a toujours tout partagé cela nous a évité de se disputer pour du fric. Trop de groupes se sont séparés pour de mauvaises raisons, liées aux royalties et au fric. Cela a changé la dynamique parfois chez certains. Et puis on a résisté à la sirène du dollar aussi. Trop de groupes britanniques ont tenté des tournées épuisantes aux USA, et y ont perdu leur créativité derrière. Moi j’ai toujours voulu limité ce type de tournées aux USA.

37° : Vous vous êtes adaptés au fur et à mesure des années, en faisant évoluer votre style. Cela a contribué aussi à votre longétivité ?

JJ Burnel : On correspond en effet à aucune orthodoxie. La grande chose qu’on a vécu c’est la transition entre la musique analogue et le digital qu’on a rapidement expérimenté. Mais à l’époque on a été critiqué pour cela. On nous voyait comme des hérétiques parce qu’on utilisait des synthétiseurs. Pourtant la musique est un art vivant, en constante évolution qui doit refléter la personne qui la produit. C’est ce qu’on a fait, on a puisé à chaque fois dans ce qu’on avait en nous. C’est pas plus compliqué. Mais on a aussi essayé des choses qui n’ont pas marché. Je pense qu’il faut essayer, sinon dès qu’on a un succès on s’enferme dedans et justement on devient figé. C’est ce qu’on ne voulait pas.

37° : Quel regard gardes-tu sur vos débuts, sur les années 70 ?

JJ Burnel : Il y a une certaine mélancolie parce qu’on était jeunes. Mourir c’est facile, vieillir c’est plus difficile (rires). Après comme je le disais on ne regarde pas en arrière.

37° : L’époque était-elle si différente d’aujourd’hui ?

JJ Burnel : Il y avait plus de liberté à l’époque oui et puis la musique a été récupérée par le business aussi. Cela change beaucoup de choses.

37° : Votre réputation à l’époque était parfois sulfureuse…

JJ Burnel : On s’est fait beaucoup d’ennemis oui. Il y a eu un parti pris à l’époque pour Les Clash et Les Pistols par rapport à nous. Pourtant on vendait plus qu’eux. A la fin de l’époque des pubs rock, les Pistols venaient nous voir jouer d’ailleurs. Je ne sais pas si c’est mon côté français qui les a énervé, mais en Angleterre j’ai eu des problèmes avec la presse parce que je répondais systématiquement aux critiques.

37° : Revenons à aujourd’hui, qu’est-ce qui vous anime encore 40 ans après ?

JJ Burnel : Le live ! J’adore jouer des vieux morceaux, cela permet de les redécouvrir et si je veux je peux les jouer différemment tous les soirs, il n’y a aucune routine. C’est cette liberté qui me plaît.

37° : Vos concerts sont souvent très attendus, par des fans de la première heure mais aussi par un public plus jeune. Comment vous l’expliquez ?

JJ Burnel : Les punks d’hier sont devenus des parents qui ont fait découvrir leurs musiques à leurs enfants. Je pense aussi que les jeunes nous aiment parce qu’ils en ont marre des choses aseptisées, récupérées par la variété. Il y a eu également Youtube et toutes les plateformes sur internet qui nous ont fait découvrir à un nouveau public.


Un degré en plus :

The Stranglers en concert Jeudi 30 novembre 2017 à la salle Yves Renault (4 rue Jean Perrin – 37170 Chambray-lès-Tours). tarifs : 35€ / PMR & ACC : 32€. Informations et réservations sur le site d’AZ Prod