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Six années de conseils municipaux à Tours…

Ce lundi s’est tenu le dernier conseil municipal de la mandature. Instance première de la vie démocratique municipale, c’est le lieu des débats, des échanges et des oppositions sur les politiques menées. Il donne ainsi souvent le ton de la vie politique municipale et livre des enseignements. Retour sur six années de vie politique à Tours…

Samedi 05 avril 2014, la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Tours est pleine à craquer. Une semaine après le deuxième tour des élections qui ont sacré la droite, c’est l’heure d’installer la nouvelle assemblée municipale. Le public est venu nombreux assister à l’élection du nouveau maire Serge Babary, par ses pairs. Ses soutiens sont aux anges, les élus de la majorité municipale affichent leur fierté, ceux de l’opposition tentent de faire bonne figure… Mais rapidement le ton est donné dès ce premier conseil d’installation : l’élue d’opposition socialiste Cécile Jonathan se fait huer par la salle et est même coupée dans son discours par le nouveau maire. Ses collègues Jean-Patrick Gille et Pierre Commandeur, tous deux sur la liste de Jean Germain également, se font siffler par le public.

Un public qui reviendra nombreux lors du conseil municipal suivant en mai 2014, obligeant les services à ajouter des places dans la salle… A croire que la transition politique amenée par l’élection municipale de 2014 a suscité un engouement…

Un public qui déserte l’assemblée municipale

Lundi 10 février 2019, il est 18h dans la salle du Conseil Municipal de l’Hôtel de Ville de Tours, les élus entament leur huitième heure de débats pour ce dernier rendez-vous de la mandature. Autour de la table, quelques absents. Dans la salle, le public a déserté les tribunes depuis longtemps. Si le matin on pouvait encore voir une dizaine de personnes dans le public, ils ne sont guère restés au-delà des premières délibérations. Une scène à laquelle nous avons assisté à maintes reprises ces dernières années.  L’engouement qui avait semblé s’amorcer en début de mandat est bel et bien retombé et le public est devenu rare au fil des sessions.

Les tribunes du conseil municipal ce lundi 10 février 2020 à 18h

Il faut dire que les débats, longs, parfois ennuyeux, ont fini par décourager les plus irréductibles. Avec des séances qui se prolongent au-delà du raisonnable, durant huit, neuf, dix heures, voire plus, parfois se terminant à une heure du matin… difficile de reprocher aux Tourangeaux de ne plus assister à ces temps d’échanges entre élus. Même si une partie du public a pu les retrouver à travers les retransmissions vidéo sur internet, le constat est assez rude pour le débat démocratique : les échanges du conseil municipal peinent à intéresser les citoyens.

Difficiles de leur en tenir rigueur en effet, tant il est compliqué de les suivre et comprendre ce qu’il s’y construit. Dernière preuve en date : la séance de ce lundi. Avec autour de la table plusieurs candidats déclarés aux élections municipales de mars prochain, il avait forcément une saveur particulière avec le risque de tomber dans des échanges politiciens et électoralistes. Cela n’a pas manqué au cours de cette session qui aura duré 10 heures et dont il est finalement difficile de retenir un peu de hauteur dans les échanges…

Des débats loin d’être apaisés

La sérénité ce n’est pas ce qui aura marqué ce mandat et les échanges auront surtout tourné à de nombreux affrontements verbaux entre élus de la majorité et ceux de l’opposition. On pourra toujours dire que c’est le jeu démocratique qui s’exprime ainsi, mais ces échanges ont trop souvent manqué de sens et d’intérêt général, entre postures, oppositions de principe (de part et d’autre) et même attaques personnelles. Le conseil municipal n’aura pas été le cadre de débats apaisés.

On aurait pourtant pu croire à une assemblée plus constructive, notamment à partir d’octobre 2017 et l’arrivée en tant que maire de Christophe Bouchet en remplacement de Serge Babary. En effet si ce dernier n’a jamais caché son agacement vis-à-vis de son opposition, son successeur avait lors de son installation dans le fauteuil de maire fait œuvre d’apaisement dans son discours, expliquant souhaiter retrouver une plus grande quiétude dans les échanges. Dans les rangs de l’opposition, plusieurs élus à l’image de Pierre Commandeur avaient même salué une meilleure ambiance lors des premiers conseils dirigés par le nouveau premier élu de la ville. Oui mais rapidement, l’ambiance agitée de l’assemblée municipale aura retrouvé ses droits avec en prime au fil des mois, une majorité qui connaît son lot de départs sur fond de crispations et tensions personnelles.

On aurait aimé plus de débats de fonds, d’échanges et de propositions sur les projets avec une majorité intégrant plus l’opposition dans la mise en place de la politique municipale, car après tout ce sont bien 55 personnes que les Tourangeaux ont élu en mars 2014 et non seulement ceux de la majorité. A l’inverse, on aurait aimé voir une opposition moins stérile et qui soit force de propositions. Gageons qu’il en soit ainsi dans le prochain mandat…

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