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Orientations budgétaires à Tours : Des intentions en attendant le concret

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La présentation des orientations budgétaires est un temps fort de la vie politique municipale. Chaque année, la majorité municipale présente à cette occasion les grandes lignes de son projet pour l’année à venir, prémices obligatoires avant le vote du budget qui suit dans les deux mois suivants. Un temps majeur qui donne le « La » de la politique de la ville, toujours attendu, d’autant plus quand c’est le premier exercice de ce type du mandat.

Quelques mois après son arrivée au pouvoir, c’est la majorité du maire de Tours, Emmanuel Denis, qui se prêtait à l’exercice mercredi 16 décembre. Jusqu’à présent Emmanuel Denis et les 42 autres élus de la majorité ont en effet géré le quotidien et transition démocratique oblige, poursuivi le travail qui avait été entamé par l’ancienne équipe municipale dirigée par Christophe Bouchet. Il y a bien eu quelques sujets symboliques, marqueurs du début de mandat, comme la fermeture du pont Wilson aux voitures, mais ces orientations budgétaires fixent le véritable acte fondateur de la vision de la ville de l’équipe élue par les Tourangeaux pour la diriger.

Les orientations budgétaires, nous vous les avons présentées ce mercredi dans un article détaillé. Dans les grands principes retenons que le maire de Tours évoque « un budget d’amorce en faveur de la résilience économique, écologique et de la solidarité. » Un maire de Tours qui fixe deux grands objectifs. A court terme d’abord avec la nécessité de « répondre à l’urgence sociale », via le CCAS notamment que la majorité veut renforcer financièrement, mais aussi à plus long terme « en se donnant les moyens pour des investissements qui amélioreront le bien-être et le cadre de vie des Tourangeaux. »

« Faire de Tours une ville à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique »

Sans surprise, l’adjoint aux finances Frédéric Miniou insiste lors de sa présentation aux élus sur les questions environnementales et la lutte contre le réchauffement climatique annoncées comme grandes priorités du mandat afin d’arriver à « une ville zéro carbone en 2040 ».

L’élu avance notamment la mise en place d’un schéma directeur immobilier, la rénovation énergétique du patrimoine existant, un plan d’infrastructures sur les transports favorisant les transports en commun, les cyclistes et les piétons, mais aussi la végétalisation des cours d’école…

Derrière ces intentions générales, il conviendra avant tout de se donner les moyens des ambitions, tout en veillant à poursuivre le désendettement de la ville, un axe maintenu par la nouvelle majorité. Pas une simple affaire quand on sait que Tours souffre d’un côté d’une dette qui reste élevée et de l’autre d’un sous-investissement chronique au regard des villes de même strate. Au niveau régional, l’investissement annuel moyen de la ville de Tours est à titre d’exemple que de moitié par rapport à la ville d’Orléans. Un seuil que la majorité veut dépasser en se fixant comme objectif de porter l’investissement réalisé à plus de 40 millions d’euros par an, au lieu des 24 millions en moyenne ces dernières années.

Pour y arriver, l’adjoint aux finances évoque la « recherche de nouveaux leviers et de nouveaux financements. » A ce titre si la crise a coûté à la ville cette année près de 5 millions d’euros, il se pourrait qu’elle offre à l’inverse de nouvelles opportunités : fonds d’aides européens, plan de relance de l’Etat, suspension du contrat de Cahors encadrant la hausse de dépenses de fonctionnement…

« Passer du vouloir au pouvoir »

« La présentation de ce rapport ressemble à un programme. On ne peut qu’adhérer aux mots ville solidaire, ville qui émancipe, une ville qui innove… mais derrière cette liste qui ressemble à un catalogue on se demande comme on passe du vouloir au pouvoir, c’est-à-dire à la capacité de faire » s’est exprimé l’élu d’opposition, Benoist Pierre, membre du groupe « Les Progressistes » à la suite de la présentation.

Peu convaincu par celle-ci, ce dernier reproche surtout l’absence de concret dans ces orientations budgétaires et s’interroge sur les capacités de la majorité à réaliser ses projets et notamment les plans de rénovation énergétiques annoncés : « Vous ne pourrez pas tenir vos engagements : une à cause de la crise économique. Ensuite parce que dans la politique que vous engagez il y a des contradictions apparentes et enfin parce que vous n’avez pas les capacités de vos ambitions en matière financière. »

Des critiques similaires à celles formulées par le groupe « Tours nous Rassemble » dont les membres regrettaient également à tour de rôle que ces orientations ne soient « que des grands mots » (Thibault Coulon) ou de « la poésie » (Olivier Lebreton).

L’opposition est ainsi restée sur sa faim lors de cette présentation d’orientations budgétaires.  « Nous savons que vous pouvez avoir des paroles fortes mais je ne les retrouve pas dans l’action. On espère un budget plus clair sur vos capacités d’agir car les besoins sont là et vous avez des marges de manœuvre » a poursuivi Thibault Coulon, tandis que son collègue Christophe Bouchet prenait la question de la densification urbaine comme exemple du manque de clarté de ces orientations : « Vous dîtes être contre la densification, mais comme nous avons une métropole attractive, cela risque donc de favoriser l’étalement urbain. Comment vous positionnez-vous dessus par rapport à vos objectifs environnementaux ? »

Les réponses sont dorénavant attendues lors de la présentation et le vote du budget qui aura lieu en février prochain. La majorité sera alors attendue avec une vision politique claire et des projets précis. Malgré la crise qui impactera forcément ce budget, l’approximation serait mal perçue pour ce premier budget de la majorité qui doit donner la tendance et l’impulsion d’un mandat basé sur une volonté de transformation politique…


Un degré en plus : Un incident en fin de séance

Contrairement aux fois précédentes, nous allions écrire que le conseil municipal de Tours du mercredi 16 décembre fut de bonne tenue avec des débats riches, pertinents, où oppositions et majorité municipale, chacune dans leur rôle ont joué leur partition sans grandes digressions et sans (trop de) recherche de vaines polémiques… Il faut croire que les 11h de séance ont finalement été de trop. Il aura fallu en effet attendre la toute fin du conseil sur les coups de 20h pour que le clash éclate.

L’ordre du jour arrivait pourtant à sa fin et les élus en étaient aux traditionnels vœux des groupes politiques qui clôturent traditionnellement les séances. C’est un vœu porté par le groupe « Tours Nous Rassemble » qui aura mis le feu aux poudres.

Porté par l’ancien adjoint à la sécurité Olivier Lebreton, ce vœu proposait de solliciter auprès de l’Etat le renfort et le recrutement de 40 policiers supplémentaires au commissariat de Tours. es derniers mois les syndicats du commissariat de Tours réclament en effet plus de moyens et dénoncent des effectifs insuffisants.

Un vœu auquel la majorité a souhaité inscrire un amendement en intégrant une référence au retrait de la loi de Sécurité Globale, jugée liberticide. Inadmissible pour Olivier Lebreton et le groupe « Tours Nous Rassemble » qui après un échange houleux ont quitté la salle du Conseil Municipal.

« Cet amendement dévoie notre vœu » explique après coup Olivier Lebreton toujours remonté contre le maire Emmanuel Denis et sa majorité. « C’est un déni de démocratie auquel on a assisté car nous n’avions pas reçu leur amendement avant et qu’il change complètement le sens de notre vœu. Avec ce dernier pourtant, Emmanuel Denis aurait pu s’en sortir la tête haute, montrant qu’il n’était pas contre la police malgré sa participation à une manifestation il y a une dizaine de jours. »

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