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Municipales à Tours : Fin de campagne pour les candidats

Ce vendredi soir à minuit, la campagne du 2e tour des élections municipales prend officiellement fin. Dimanche les électeurs sont appelés à voter à Saint-Pierre-des-Corps, Chinon, Langeais, Amboise ou  encore Tours, la ville centre du département où les électeurs auront à choisir entre Christophe Bouchet et Emmanuel Denis pour le poste de maire pendant les 6 prochaines années.

Ce jeudi soir, pour trouver trace des candidats, c’est du côté de la guinguette qu’il fallait regarder. Soir d’ouverture pour ce lieu emblématique des étés tourangeaux et une ambiance de fin de campagne avec les deux équipes en lice profitant du moment à quelques dizaines de mètres l’une de l’autre. Il faut dire que la campagne aura été longue, usante, reconnaissent certains même. Depuis l’été 2019, le terrain aura été battu, les poignées de main (avant le covid) nombreuses, les discussions pour convaincre tout autant… Et puis il y a eu cette crise et cette pause imposée de trois mois et ce second tour atypique.

La crise du Covid en toile de fond

La crise sanitaire a rebattu les cartes indéniablement en permettant au maire sortant Christophe Bouchet d’occuper le terrain en tant que gestionnaire de la crise. Dans la case bilan, les Tourangeaux jugeront à n’en pas douter autant sur cette gestion de crise le 28 juin prochain, que sur les grands sujets et/ou polémiques qui ont alimenté le mandat débuté en 2014.

La question qui reste en suspend étant de savoir si les trois mois supplémentaires à la tête de la ville, ont permis à Christophe Bouchet d’inverser la tendance du 1er tour où il était arrivé 10 points derrière Emmanuel Denis. Ses proches y croient, d’autant plus qu’il a été omniprésent pendant cette période avec une communication rodée, parfois (trop pour ses adversaires) tournée sur sa personne : entre lives sur les réseaux sociaux, multiples interventions dans les médias nationaux…

Un espoir entretenu également par le rassemblement opéré avec la liste de Benoist Pierre (12,67% au 1er tour), ce qui fait dire à l’équipe de Christophe Bouchet qu’ils se retrouvent à égalité voire devant arithmétiquement. Oui mais en politique, l’arithmétique demande toujours à être vérifiée et un plus un font rarement deux.

La dynamique du 1er tour plaide en effet clairement en faveur d’Emmanuel Denis et de son équipe. Il est intéressant d’ailleurs de remarquer que lors de cette campagne du 2e tour, les rôles se sont un peu inversés avec Christophe Bouchet dans le rôle du challenger, attaquant régulièrement son adversaire et Emmanuel Denis finalement plus en retenue que ce qu’on aurait pu attendre au vu des débats municipaux enflammés qui se sont tenus ces six dernières années.

Projet contre projet

Si on trouve des similitudes dans les deux programmes, les différences sont nombreuses et le sens général encore plus. Dimanche les Tourangeaux auront à choisir entre deux programmes bien distincts. La dernière semaine de campagne a été ainsi éloquente. Entre divergences sur le tramway, querelles sur l’avenir de l’aéroport, questions liées à la sécurité… ce sont bien deux visions différentes de la ville de demain qui s’opposent.

Oui mais pour remporter une élection de ce genre, il faut aussi prêcher et séduire les non convaincus de base. A ce titre Christophe Bouchet comme Emmanuel Denis ont cherché à élargir leur champ politique pour ce 2e tour. Christophe Bouchet en occupant le terrain de la transition énergétique, en parlant plus aux électeurs centristes. Le rassemblement avec Benoist Pierre n’y est pas étranger avec l’intégration de mesures progressistes et notamment des thèmes inclusifs issues du programme du candidat LREM.

Emmanuel Denis de son côté en affirmant notamment en fin de campagne ses positions sur le thème de la sécurité, un thème sur lequel il était régulièrement attaqué par ses adversaires.

Revoir nos émissions « Objectif Maire », nos entretiens grands formats avec les candidats.

L’émission avec Christophe Bouchet est ici

Celle avec Emmanuel Denis par là

L’abstention un élément clé du scrutin

Reste la grande inconnue de ce deuxième tour : l’abstention. Après un premier tour avec 32% des votants à Tours, sur fonds de coronavirus, comment vont se comporter les électeurs ce dimanche ? Il y a fort à parier que le taux de participation remonte un peu, mais il sera certainement difficile d’arriver à un niveau correct par rapport aux Municipales précédentes (55% de participation au 2e tour en 2014). L’abstention sera un élément clé de ce scrutin, les candidats l’ont bien compris. Tout au long de ces dernières semaines, leurs staffs ont multiplié les démarches pour convaincre les Tourangelles et Tourangeaux de voter : phoning, prise de procurations et jusqu’à cette semaine des courriers personnalisés envoyés à grande échelle par Christophe Bouchet.

Une chose est sûre, l’enjeu est grand car quelle que soit la participation, celui qui arrivera en tête des suffrages exprimés, aura l’honneur et la difficulté de gérer la ville ces six prochaines années.

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