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L’Union des Commerçants des Halles regarde vers l’avenir

En ce début d’année 2020, l’UCH, l’Union des Commerçants des Halles a procédé à ses élections internes. Une nécessité, suite au décès en septembre 2019, du président charismatique François Serin. Et c’est Guillaume Guibert, qui avait assuré déjà l’intérim qui a été désigné pour prendre la succession de François Serin. Un nouveau président entouré d’un bureau élargi avec qui nous évoquons le présent des Halles, mais aussi leur avenir, en ces temps d’élections municipales, où il est beaucoup question de ce lieu emblématique.

C’est aux côtés de Christian Robert, membre du bureau de l’UCH et par ailleurs président du syndicat de co-propriétaires du bâtiment, que nous retrouvons Guillaume Guibert. « L’intérêt de l’UCH est de défendre les intérêts des commerçants ainsi que leur image », nous disent-ils de concert d’emblée.

L’UCH, une association qui a retrouvé une certaine dynamique depuis plusieurs années, que le nouveau bureau entend bien entretenir et perpétuer. Forte de 38 commerçants adhérents, répartis pour moitié à l’intérieur du bâtiment et pour moitié à l’extérieur, l’UCH se veut active et prépondérante dans le quartier mais aussi sur la ville.

« Nous organisons une trentaine d’activités différentes à l’année » explique ainsi Guillaume Guibert en citant les apéros des Halles, les événements autour du Howard Hinton Sevens, la Banque Populaire…

Le bureau de l’Union des Commerçants des Halles

Des événements qui ne sont que la face visible de l’iceberg pour cette association qui travaille également dans l’ombre sur le devenir des Halles. Le nouveau bureau a d’ailleurs mis en place différentes commissions de travail : communication, RSE, développement d’événements et travaux forcément alors que les regards ont été braqués sur le bâtiment et le quartier ces deux dernières années suite au projet de rénovation lancé par la majorité sortante.

« Les commerçants ont envie de faire évoluer leur outil de travail, mais pas n’importe comment »

Un projet qui n’avait et n’a toujours pas convaincu l’ensemble des commerçants du bâtiment et du quartier. Pourtant Guillaume Guibert et Christian Robert l’assurent : « Les commerçants ont envie de faire évoluer leur outil de travail, mais pas n’importe comment » précisent-ils. « On veut quelque-chose qui nous convienne et qui ne soit pas imposé. »

Et alors que le sujet est revenu sur le devant de la scène pendant la campagne des élections municipales, leur ambition est claire : « Nous voulons repartir d’une page blanche et réécrire le cahier des charges. Il ne faut pas tout jeter mais redéfinir le projet et ses objectifs » affirment-ils fermement. « Nous sommes les acteurs de ce quartier, nous le connaissons et ne comprendrions pas qu’on ne nous écoute pas. » Décidés à ne pas se laisser imposer un projet, quelqu’il soit, ils en appellent ainsi au bon sens.

Il faut dire que l’enjeu est important car si les Halles sont un poumon économique et alimentaire de la ville, comme ailleurs elles sont confrontées à l’évolution de la société et des attentes des usagers qui évoluent. « Il y a un renouveau de la clientèle avec de plus en plus de jeunes familles ou jeunes couples actifs » analysent nos interlocuteurs qui évoquent aussi des changements d’habitudes de consommation : « Il y a l’idée du mieux manger qui est de plus en plus présente. On achète moins mais mieux. »

Et pour répondre à ces évolutions et aux attentes, les deux hommes évoquent la possibilité de nouveaux services comme la digitalisation des commandes ou encore la mise en place de panneaux d’informations au sein du bâtiment… autant de pistes qui verront peut-être le jour demain. « Il faut que l’on reste un lieu de rencontres et de convivialité et que l’on adapte les services aux clients en conséquence » explique Christian Robert qui rappelle le rôle important de conseillers qu’ont les commerçants de proximité comme ceux des Halles.

Parmi les évolutions qu’ils aimeraient voir également, le fléchage de panneaux de signalisation en ville vers les Halles. Autre sujet majeur pour eux et forcément clivant à l’heure où l’on tend à réduire la place de la voiture en ville : celui du stationnement. Et sur cette question les deux commerçants d’être affirmatifs : « le quartier est vivant parce qu’on y circule autour. » En clair, s’ils ne sont pas contre une piétonisation partielle du quartier, ils mettent en garde sur les conséquences d’un éventuel changement trop drastique. « Il faut que les clients puissent se garer au plus près pour faire leurs courses. »

« Les Halles, c’est tout le quartier autour et il faut faire attention à préserver les équilibres » concluent-ils notre entretien en citant la richesse du quartier : des commerçants de bouche aux commerces de service.

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