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Ligne 2 du tramway de Tours : le tracé par Béranger plus avantageux ?

A 25 millions d’euros le kilomètre en moyenne, le coût d’une ligne de tramway n’est pas anodin pour les finances publiques. Oui mais projet structurant, les élus savent également l’importance que ce type de projet a pour la requalification urbaine. Dès lors, la construction d’une ligne répond à de nombreux critères et à un équilibre entre son coût, le trafic espéré, mais aussi les retombées pour le territoire aussi bien en terme de restructuration de quartiers, que de réduction de la place automobile, d’impact environnemental… Ce sont tous ces critères qui seront à prendre en compte au moment d’acter le tracé définitif de la deuxième ligne de tramway pour les élus de Tours Métropole. Une deuxième ligne dont le projet va prochainement connaître plusieurs nouvelles étapes importantes avec la concertation publique, mais aussi le choix des communes concernant le tracé sur leur territoire.

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Une concertation publique du 18 avril au 18 mai

La concertation publique sur la 2e ligne de tramway se tiendra du 18 avril au 18 mai prochain. Une exposition avec panneaux explicatifs sera notamment visible à l’Hôtel de la Métropole ou dans les mairies concernées. Cette consultation préalable à l’enquête publique est une phase obligatoire au cours de laquelle les citoyens vont pouvoir donner leur avis sur le projet. Ces derniers seront garantis par Laurent Joseph et Roger Silhol, deux membres désignés par la Commission Nationale des Débats Publics (CNDP) pour garantir la bonne tenue de la consultation.

A l’issue de celle-ci, le bilan sera rendu public et dans sa foulée les choix pris par Tours Métropole. Il restera alors l’étape de l’enquête publique qui amènera (ou non) à la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) du projet par les services de la Préfecture. C’est à ce terme que la phase concrète avec les travaux pourra commencer, à l’horizon 2020 certainement, pour une mise en service espérée en 2024.

La ligne 2 du tramway en chiffres :

Longueur : environ 15 kilomètres.

Coût : entre 300 et 350 millions d’euros.

En savoir plus…

A Tours, le choix entre un passage par le boulevard Béranger ou Royer reste à trancher.

Chaque ville concernée par le tracé doit aujourd’hui faire remonter à la Métropole (d’ici l’été) les options qu’elle préconise sur son territoire. A Tours, si la ville de Tours a acté sa position sur plusieurs points : évitement de l’avenue Grammont entre la place de la Liberté et la place Jean-Jaurès et au sud passage via les Fontaines et l’Alouette comme l’a annoncé Christophe Bouchet lors de ses cérémonies de vœux en début d’année, le choix entre le Boulevard Béranger ou Jean Royer reste à trancher. Et si un groupe de travail dirigé par Olivier Lebreton et composé de 5 élus dont un de l’opposition (David Chollet) doit rendre ses propositions à Christophe Bouchet d’ici peu, le maire de Tours l’a annoncé, la concertation publique se tiendra avec cette option en suspend, afin de laisser la parole aux citoyens.

Il faut dire que le choix entre ces deux boulevards est celui qui fait causer depuis l’officialisation du lancement de la deuxième ligne à l’automne dernier. Chaque tracé à ses partisans qui ont cherché à se faire entendre : pétitions, déclarations publiques, rencontres avec les élus (comme les commerçants du secteur Royer qui ont rencontré des élus du groupe de travail mis en place par la ville de Tours).

Le choix entre ces deux tracés n’est pas anodin. Au contraire il relève de deux visions différentes sur ce que doit être une ligne de tramway.

Principal avantage du passage par le boulevard Jean Royer : un tracé plus court de quelques centaines de mètres et donc un tracé moins onéreux de quelques millions d’euros (on retient le coût moyen de 25 millions d’euros par km construit). Les partisans de ce tracé avancent également la proximité avec des quartiers comme Febvotte.

Dans les études préalables ayant amené la présentation aux élus métropolitains et le choix de la ligne 2 en septembre dernier, le passage via le boulevard Royer était cependant jugé comme « contraignant » et finalement « non recommandé » pour plusieurs raisons. Parmi celles-ci, la non desserte du centre-ville mais aussi la largeur de la voirie (14 mètres) ce qui obligerait soit à détourner l’ensemble du trafic automobile du boulevard Royer vers des rues annexes ou alors à créer une portion partagée tramway/voitures comme sur l’avenue Maginot à Tours Nord.

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Objectif réseau

Autre raison de cette « non recommandation » : la logique de maillage à long terme dans laquelle la Métropole souhaite se placer. On l’a dit à plusieurs reprises, afin de ne plus perdre de temps, Tours Métropole souhaite anticiper et pense la ligne 2 du tram comme une première étape vers la constitution d’un réseau global et maillé composé de 3 (ou 4) lignes de tramway et 1 ou 2 lignes BHNS à l’horizon 2040. Or, si un tracé via le boulevard Royer ferait de la place de Liberté le nœud du réseau des deux lignes de tramway, cela limiterait la constitution d’un pôle d’échange intermodal global à plus long terme.

Même à court terme, une interconnexion à Liberté est jugée peu pertinente par certains observateurs. Un des arguments repris d’ailleurs par l’ADTT (qui privilégie un passage par Béranger) est justement la rupture de charge, comprendre la correspondance et le changement de tramway nécessaire pour rejoindre la gare de Tours en venant du sud, qu’un passage par Royer entraînerait.

A l’inverse en choisissant le passage par Béranger, la ligne 2 reprendrait le tracé actuel via le Sanitas jusqu’à la gare, faisant de cette dernière la tête du réseau d’aujourd’hui mais aussi futur. L’ADTT y voyant plusieurs avantages et notamment un raccordement plus aisé vers la ligne 3 qu’elle soit en tramway ou en tram-train comme l’association le propose aujourd’hui. Un tram-train qui aurait pour l’ADTT l’avantage de résoudre plusieurs problèmes : la desserte de l’Est de l’agglomération mais aussi l’épineuse question de navette entre les gares de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps

Le boulevard Béranger en position de favori ?

Un passage par le boulevard Béranger semble aujourd’hui multiplier plus d’avantages : meilleure desserte de pôles attractifs (Halles de Tours, centre-ville…) et donc potentiel voyageurs supérieur, meilleur raccordement possible au reste du réseau, absence de rupture de charge vers la gare de Tours… En revanche, le passage ne fait pas que des adeptes non plus, en raison notamment de l’impact que cela pourrait avoir sur le mail arboré central. Une solution possible reviendrait néanmoins à faire passer le tram de chaque côté du mail central (au nord dans le sens Est-Ouest, au sud dans le sens inverse) en empiétant sur les places de stationnement actuelles (L’ADTT préconise cette solution en s’appuyant sur un exemple similaire à Strasbourg).

Extrait de la newletter de l'ADTT
Extrait de la newletter de l'ADTT

En privilégiant cette option, les voies automobiles pourraient être réduites de moitié (passant de deux à une de chaque côté) également. De quoi ici aussi faire des mécontents. Pourtant ce choix constituerait alors un signal fort sur la volonté de réduire le trafic automobile en cœur de ville, ce qui est un autre objectif que s’était fixée Tours Métropole.

Pour rappel, le réseau de tramway de Tours, tel qu’il pourrait ressembler demain :

(c) Document 37 degrés

Un degré en plus : A Chambray, un passage au plus près de Trousseau ?

A son extrémité sud, la ligne doit se terminer à la Papoterie à Chambray-lès-Tours. Un terminus souhaité parce que proche du périphérique et donc potentiellement capteur du flux automobile. Avant d’arriver à ce terminus, il reste ici aussi des options à trancher. La ligne doit-elle filer tout droit via l’avenue de la République et la route de Loches ou au contraire au niveau de Trousseau desservir au plus près l’hôpital (comme la ligne 2 actuelle) et les habitations voisines (via la rue Mansard) ? Ce dernier choix aurait semble-t-il aujourd’hui la faveur des élus.

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