A la uneReportage-Société

Le retour en grâce des barbiers

Vous avez déjà sûrement croisé ces poteaux marqués de bandes en spirales bleues, blanches et rouges devant certaines vitrines ? Ces enseignes sont aux barbiers ce que les croix sont aux pharmaciens ou les carottes aux buralistes. Depuis plusieurs années, ils se multiplient ainsi dans les villes, principalement dans les centres, où se trouvent leur clientèle première.

Les barbiers sont ainsi de retour, après être tombés dans l’oubli. Un retour en hype, qui n’est pas sans lien avec l’essor de la mode hipster des années 2010. « C’est vrai que c’est parti d’un mouvement de mode, mais cela dépasse aujourd’hui ce simple effet de mode » analyse Emmanuel Renaud, alias Mister Kutter, qui a ouvert depuis 2014 des « barbershops » à Blois, Tours, Orléans et Le Mans.

Emmanuel Renaud, alias Mister Kutter

« Barbershops », le nom officiel de ces salons d’un nouveau genre, qui jouent souvent sur la tendance néo rétro, avec pour chaque marque son propre style. Chez Mister Kutter, on est ici sur la vague rock vintage, tendance années 50 aux Etats-Unis. Côté ambiance, l’endroit est chaleureux, le tutoiement de rigueur, le « salut » avenant et simple. L’ambiance est détendue, on se sent rapidement à l’aise et ce n’est pas lié au hasard : « Les hommes ne se retrouvaient plus dans les salons de coiffure qui sont essentiellement pensés pour les femmes. Avec les barbershops, les hommes ont retrouvé un lieu pour eux. » explique Emmanuel Renaud.

Et le concept fonctionne à plein régime, avec un développement rapide ces cinq dernières années notamment. A Tours, outre Mister Kutter, les barbershops « Authentic Men » sont également en pleine croissance avec pas moins de 7 salons ouverts depuis 2012, que ce soit à Tours intra-muros ou dans l’agglomération comme à Saint-Cyr-sur-Loire ou encore à Chambray-lès-Tours où la marque s’est installée dans une galerie commerciale. Un signe là encore que l’effet de mode branché du début a été dépassé pour s’adresser aujourd’hui au grand public.

L’ouverture de la première école de barbiers dans la région

Cette banalisation on la remarque également dans les salons de coiffure. Nombreux sont ceux qui cherchent en effet à surfer sur le retour de hype de la barbe en proposant des coins spécifiques pour les barbes des messieurs. Pourtant Emmanuel Renaud met en garde contre la multiplication de ces « barbers corners » : « Pour être barbier, il ne suffit pas d’acheter un fauteuil de barbier et mettre en place un corner barber, c’est un métier à part entière. »

Formation à l’école des barbiers © Mister Kutter

Un métier oui, mais un métier en manque de formations. « Les commerces ouvrent partout en France mais c’est vrai qu’il y a un manque de collaborateurs et de formations, parce que le développement s’est fait rapidement » analyse Emmanuel Renaud. Et c’est pour répondre à cette problématique que ce dernier a ouvert depuis le mois d’octobre « La Kutter School Academy », sa propre école de formation à Blois, là où il avait ouvert son premier salon en 2014.  

Mister Kutter propose dans cette académie des masterclass intensives allant de un à trois jours. « L’idée est de former de nouveaux collaborateurs ou des coiffeurs au métier de barbier qui est spécifique. On ne devient pas barbier en si peu de temps, mais on va leur donner tous les outils et les process nécessaires pour le devenir. »

Print Friendly, PDF & Email