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Joué-lès-Tours : la diversité insoupçonnée des oiseaux de la Rabière

Se promener dans le parc de la Rabière un jour de printemps, c’est profiter de l’odeur des fleurs, observer les fans de pétanque, croiser des toutous… et entendre les oiseaux. On identifie facilement le chant des tourterelles, on reconnaîtrait un pigeon entre mille. Mais en réalité ils sont beaucoup, beaucoup plus nombreux. Un agent du centre de production horticole de la ville a entrepris de les répertorier. Le résultat de ses travaux est étonnant.

Jérôme Teissier travaille pour la ville de Joué-lès-Tours depuis 12 ans, son « bureau » étant situé au cœur des serres municipales du parc de la Rabière. Il y a maintenant près de 5 ans, pendant ses pauses déjeuner, l’homme a commencé à s’intéresser de près à la faune qui l’entourait. « C’était l’hiver, il n’y avait pas grand-chose à faire » justifie ce passionné de botanique qui n’y connaissait pratiquement rien en ornithologie. Muni de jumelles et de livres, il a donc observé les arbres à la recherche des différentes espèces d’oiseaux qui pouvaient y évoluer : « je me pose 5-10 minutes, je regarde, et je change d’endroit. »

Des pies, des canards, des mouettes… et quelques cormorans

« Au départ je ne connaissais que les 2-3 oiseaux les plus courants » raconte Jérôme Teissier. Mais très vite, il se rend compte que l’écosystème de ce parc urbain de 18ha presque entièrement boisé regorge d’espèces : 40 recensées par ses soins, sans compter des spécimens qu’il a pu observer une fois ou deux, de manière très ponctuelle.

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Sur sa liste, il y a des espèces hyper connues : canard colvert, merle noir, héron cendré, plusieurs mésanges (à tête bleue, à longue queue, charbonnière ou nonnette), la mouette rieuse, la pie bavarde, le pic vert, la tourterelle… Et puis on trouve le troglodyte mignon, le roitelet huppé, la grive musicienne, l’accenteur mouchet… Etonnant également, la présence ponctuelle de cormorans au niveau de l’étang du parc ou de martinets mais pas d’hirondelle, en tout cas pas sous ses yeux !

Un cours d’ornithologie gratuit le 27 avril

Parmi tous ces oiseaux, certains demeurent à la Rabière à l’année, d’autres y passent en fonction des périodes migratoires. « Pour les voir et les reconnaître, les jumelles sont indispensables parce qu’ils sont souvent petits et nichés en haut des arbres à 15-20m de hauteur » souligne Jérôme Pelissier qui sait désormais identifier certains oiseaux en fonction de leur chant, même s’il reconnait qu’au printemps c’est délicat lorsqu’ils se mettent tous à faire cui-cui en même temps, en particulier au petit jour. Et même s’il se fait discret pour ne pas les déranger, il arrive facilement à s’approcher : « beaucoup d’espèces se sont habituées à la présence de l’homme. »

Portrait-robot du Parc de la Rabière

Superficie : 18ha, dont 2/3 boisés

Etang : 1ha

Des arbres remarquables (un chêne, un séquoia sempervirens, un platane près du lycée d’Arsonval)

On y trouve aussi des peupliers blancs, des ifs, des charmes, des tilleuls…

Le parc est la propriété de la ville qui l’a racheté après l’incendie de son château en 1971. Il a été requalifié en 2003.

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Recenser les oiseaux des espaces urbains ce n’est pas une action inédite, la Ligue de Protection des Oiseaux d’Indre-et-Loire (LPO) s’y était notamment attelée au niveau du Lac des Bretonnières. L’intérêt d’une telle démarche, c’est qu’elle peut être partagée : aux Bretonnières, il existe un parcours ornithologique. Pour la Rabière, Jérôme Pelissier proposera un atelier spécial aux visiteurs de Faites le Printemps, manifestation gratuite organisée le 27 avril au niveau des serres : « je présenterais une dizaine d’espèces » explique l’agent jocondien qui se promène désormais dans d’autres lieux naturels du département comme le Bois des Hâtes ou Le Louroux, cette fois en quête des oiseaux plus sauvages qui ne s’aventurent pas en ville.

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