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Tours : Insincérité et bienveillance au Conseil Municipal

Les semaines et les mois passent et les conseils municipaux de Tours sont toujours aussi agités. Les prochaines élections municipales n’y étant certainement pas étrangères, on peut même dire qu’entre la majorité et l’opposition, le temps des attaques franches est venu. Le Conseil Municipal de ce mercredi soir en fut un nouvel exemple.

Dès la deuxième délibération à l’ordre du jour (sur 37), le ton fut donné avec des échanges qui ont duré 2h20 et des attaques de toutes part.

La vente du CFA à la Métropole créé l’étincelle

Sur le fond, les deux élus de La République En Marche, Pierre Commandeur et David Chollet avaient lancé les hostilités dès ce début de semaine avec un envoi de courrier à la Chambre Régionale de la Cour des Comptes au sujet de la vente du CFA à Tours Métropole. Une vente de plus de 6 millions d’euros votée au budget municipal mais pas mise dans celui de la Métropole cette année.

Pour les deux élus d’opposition, cela créé de facto un trou de 6 millions dans le plan d’investissements de la ville au regard de ce manque de recettes. « Nous considérons qu’il y a une surévaluation des recettes » a expliqué Pierre Commandeur qui en a profiter pour évoquer « le monde merveilleux de Christophe Bouchet » en évoquant des effets d’annonce avec « un projet des Halles qui ne se fera pas[…], une concession de la Tranchée au budget irréaliste… »

Difficile de ne pas y voir une attaque politicienne alors que Christophe Bouchet tente d’obtenir un accord avec LREM pour les prochaines municipales, tandis que les Marcheurs locaux dont Pierre Commandeur défendent un autre projet derrière leur candidat déclaré Benoist Pierre.

Difficile de ne pas y voir non plus un rejet de la politique de Christophe Bouchet et de sa majorité, notamment sur le plan financier. Sur ce point, la question du désendettement de la ville a également agité les débats.

La cause : la renégociation d’une partie de la dette de la ville pour réduire le fameux mur de dettes, à savoir le remboursement conséquent d’emprunts in fine contractés dans le passé. Pour lisser cette dette, la Municipalité a négocié pour racheter 11 millions d’euros aux porteurs de coupons liés à cette dette et a réemprunté une somme équivalente en contractant un nouveau prêt à un taux plus réduit néanmoins : 1% contre 5% précédemment, de quoi faire gagner à la ville « 400 000 euros dès l’an prochain » a informé Hélène Millot, adjointe aux finances.

Pour Nicolas Gautreau : « cette opération de refinancement de la dette me semble à la fois coûteuse, inefficace et inopportune. La pénalité, que la ville devra verser du fait du remboursement anticipé dont la somme représente 3,7 millions d’euros soit 1/3 des 11 millions d’euros à rembourser ce qui mécaniquement va entrainer une augmentation de la dette de 3,7 M€ . 

La vente du CFA est revenue sur le tapis également à la fin de son intervention. Un sujet sur lequel Xavier Dateu a rebondi également en évoquant des « promesses orales non tenues. Il faut m’expliquer comment cela est possible sur des projets aux sommes astronomiques ». Et l’ancien adjoint aux sports d’attaquer également sur les projets annoncés par le Maire de Tours comme le plan école ou la rénovation du Palais des Sports : «  On a des nouveaux projets de plusieurs dizaines de millions d’euros et en face nous n’avons pas de lignes de crédits et de paiement. On est depuis deux ans en période électorale. »

Derrière ces exemples, tous accusent ainsi avec leurs mots Christophe Bouchet de faire campagne en annonçant des projets irréalisables, alors que dans le même temps la politique budgétaire est à la peine selon eux. Quitte à y voir une insincérité…

Un manque de bienveillance pour le maire de Tours

Le maire de Tours n’a pas manqué de leur répondre. « Le budget est sincère je vous rassure. Faire croire que ce n’est pas le cas, c’est décrédibiliser une partie de ce qu’est notre démocratie ». Et Christophe Bouchet d’expliquer sur la vente du CFA avoir un accord de principe de la Métropole, malgré le fait que le montant ne soit pas au budget de l’année en cours à la Métropole.

Quant aux autres attaques, le maire de Tours d’assurer notamment que le plan Ecoles, annoncé la veille, à hauteur de 100 millions d’euros sera bel et bien financé et proviendra à 40% de la ville et 60% de partenaires et d’éventuels mécènes.

Un long débat au cours duquel Christophe Bouchet n’a pas manqué d’évoquer le manque de bienveillance des élus d’opposition. L’ambiance est donnée et les prochains mois devraient aller dans le même sens. La campagne est bel et bien lancée.

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