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Les grands enjeux à venir pour Tours Métropole en matière de gestion des déchets

Ce mois-ci dans le dossier du mois, nous vous proposons un focus sur le pôle environnemental de la Grange David. Un endroit stratégique de la Métropole où se joue un enjeu majeur : la gestion des déchets, leur tri mais aussi le traitement des eaux usées.

Jean-Luc Galliot (c) Olivier Collet
Jean-Luc Galliot (c) Olivier Collet

Jean-Luc Galliot est un vice-président métropolitain particulièrement occupé. Avec comme charge les questions environnementales (développement durable, collecte et valorisation des déchets, propreté urbaine…), celui qui est aussi maire de Notre Dame d’Oé, gère des services conséquents (et les budgets avec : 40 millions d’euros par an), mais surtout a comme responsabilité d’envisager l’avenir dans une métropole où la gestion des déchets n’est pas la compétence la plus sexy qui soit au premier abord, mais est néanmoins primordiale et indispensable.

La Grange David, un centre qui a fait ses preuves

Quand on rencontre Jean-Luc Galliot à la Grange David, ce dernier est plutôt fier des lieux. Ici on trouve donc le pôle environnemental de la métropole, la plaque tournante de la gestion des déchets avec son centre de tri.

Un centre de tri qui a particulièrement évolué depuis sa prise en main par Tour(s) Plus en 2003. Aujourd’hui le tri s’est affiné, notamment avec les trieurs optiques, et le taux de rejet (déchets non recyclables sur la chaîne de tri) est tombé à 2000 tonnes par an, soit 10% du total. « Cela va encore être amélioré à l’avenir » raconte Jean-Luc Galliot qui explique que demain les pots de yaourts ou encore les films plastiques pourront aller dans les poubelles jaunes, celles dédiées aux emballages et déchets recyclables.

Un centre de tri qui est confié contrairement à la collecte (dans sa grande majorité) à un prestataire privé, l’entreprise CODEV. « Nous procédons par appel d’offres pour le tri. Celui-ci est renouvelé tous les 7 ou 8 ans et le délégataire s’engage à améliorer la chaîne de tri à chaque fois. »

Si le centre de la Grange David connaît de bons résultats, la métropole doit néanmoins passer à l’étape supérieure, celui-ci arrivant quasiment à saturation avec plus de 18 000 tonnes de déchets triés par an sur une capacité maximale de 20 000. « On arrive à saturation parce qu’on est sollicité par des territoires ruraux qui n’ont pas de centres de tri et doivent aller chercher des solutions à l’extérieur de leurs territoires y compris parfois en dehors du département. On a pris le tri de la Gatine-Choisille, mais ne pouvons aujourd’hui accueillir plus de monde ».

A lire aussi : La Grange David : nos actions pèsent 18 000 tonnes

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Un nouveau centre de tri à l’horizon 2021

Du coup, quitte à repenser les choses, autant voir grand pour se donner de l’air dans les prochaines années. Le nouveau centre de tri de la métropole trouvera donc sa place sur le site du Cassantin à Parçay-Meslay avec un début des travaux envisagé en 2019 pour une mise en service en 2021. « Le site de Parçay-Meslay est finalement bon parce qu’il est facilement accessible et proche de l’A10 ». Un choix après avoir hésité à le conserver sur la Grange David (mais jugé trop insuffisant avec son extension maximale de 20% en raison du caractère inondable du lieu) ou encore à Joué-lès-Tours (site de la Billette, finalement trop petit, ou encore le site Michelin mais l’entreprise n’était pas vendeuse pour ce projet).

Un choix qui permet aujourd’hui d’envisager la construction d’un centre de tri d’une capacité plus que doublée avec 50 000 tonnes par an soit une capacité estimée pour un territoire d’environ 900 000 habitants. « Ce sera un centre d’intérêt régional avec des outils performants ». Un centre qui ne bénéficiera pas qu’à la métropole tourangelle. En effet si celle-ci pilote l’opération, ce nouveau centre est le fruit d’une réflexion d’une quinzaine de syndicats regroupés au sein d’une SPL dans laquelle la métropole est représentée à 50%, ce qui correspond au poids estimé de son gisement de déchets dans le futur centre. « Non seulement en augmentant les volumes on abaisse les coûts, mais c’était aussi un vrai sujet pour de nombreux territoires puisque l’on incite aujourd’hui à fermer les petits centres de tri d’une capacité de 5 à 6000 tonnes comme celui de Loches par exemple. En pensant plus grand on répond aussi à leur problématique » explique Jean-Luc Galliot.

Un centre dont l’exploitation sera de nouveau confiée après appel d’offres à un prestataire privé. Le coût total de l’opération : 25 millions d’euros répartis pour moitié pour les collectivités (qui gèrent la construction) et l’autre moitié pour le futur prestataire qui sera alors chargé d’installer et mettre en place tout le process de tri avec les machines. Un coût auquel il faut ajouter les 3 millions d’euros déjà investis par Tours Métropole dans l’achat du terrain. Tours Métropole qui prendrait à son compte 6 à 7 millions d’euros, le reste de la part de financement public étant réparti à son tour entre les autres syndicats membres du projet (des collectivités de l’Indre-et-Loire, mais aussi du Loir-et-Cher ou de la Sarthe).

Quant à l’avenir de la Grange David, si rien n’est décidé aujourd’hui, Jean-Luc Galliot verrait bien s’y installer les services de la propreté urbaine en lieu et place de la zone du Menneton pour laquelle la ville de Tours a un projet dans les cartons.

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La méthanisation pour remplacer l’enfouissement des déchets

Avec le tri, l’autre grand sujet du moment pour Jean-Luc Galliot, c’est l’usine de méthanisation annoncée et plus généralement celle de la gestion des déchets non valorisables. Aujourd’hui l’Indre-et-Loire est un département qui enfouit encore ses déchets non valorisés : du côté de Sonzay (130 000 tonnes par an) ou de Chanceaux-près-Loches (150.000 tonnes par an)… Une situation guère satisfaisante même si la part de déchets recyclés augmente en parallèle, limitant de facto son expansion.

Pour améliorer cela, un projet est en cours : la construction d’une unité de valorisation énergétique des déchets avec comme procédé retenu celui de la méthanisation (soit la transformation de matières organiques en biogaz). Un projet qui a fait parler de lui ces dernières semaines du côté de Mettray ou ce centre pourrait être implanté. Des potentiels futurs riverains se sont en effet opposés au projet bruyamment, craignant notamment des désagréments liés aux odeurs. « De la désinformation.  Il n’y a ni fumée, ni odeur, c’est faux de dire cela » pour Jean-Luc Galliot qui se dit prêt à les rencontrer néanmoins. Et le vice-président à Tours Métropole de préciser qu’aujourd’hui aucun terrain n’est officiellement retenu « nous en sommes à la phase d’études, rien n’est décidé encore ». Ce que l’on sait en revanche c’est le coût du projet : entre 50 et 60 millions d’euros minimum.

Ce projet aura un double enjeu nous explique Jean-Luc Galliot : une usine de méthanisation donc mais aussi une unité de production de CSR (combustibles solides de récupération), ce qui est préconisé par la loi de transition énergétique qui oblige par ailleurs à une forte réduction de l’enfouissement d’ici 2025 et sa quasi-disparition à l’horizon 2030.

Des enjeux importants en terme environnemental mais aussi en terme financier, la dotation de Citéo (ex eco-emballages) étant en baisse de l’ordre de 500 000 euros cette année. Une baisse qui a d’ailleurs conduit cette année la métropole à voter – « pour la première fois en 15 ans » précise Jean-Luc Galliot – une hausse de la taxe sur les ordures ménagères (avec un taux passant de 8,78% à 8,96%). Une dotation qui ne devrait remonter qu’une fois les nouveaux équipements en place, celle-ci étant notamment indexée sur les capacités de valorisation des déchets des collectivités.

 Un degré en plus :

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