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Gens du Voyage : un accompagnement en construction

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Le 3 juillet dernier, lors du conseil municipal, Olivier Lebreton exprime la volonté d’étendre le plan Voisins Vigilants à plus de quartiers. L’adjoint au maire énumère divers motifs d’insécurité. Dans la liste des personnes ciblées, les gens du voyage. Sujets de nombreuses idées reçues, ils sont aussi pénalisés par le retard de l’Etat et des institutions à traiter la question. À l’échelle de notre métropole par exemple, il n’y a pas assez d’aires d’accueil de réserve.

Pour Abel Pires, l’ancien directeur de Voyageurs 37, “C’est tout un pan de la population qui est mis de côté”

Voyageurs 37 mis sur la touche

Jusqu’en juin dernier, l’association Voyageur 37 promouvait le soutien aux voyageurs d’Indre-et-Loire. L’aide se répartissait en trois pôles : service de domiciliation (adresse postale et aide administrative), animation des aires d’accueil (réduire l’illettrisme, médiation en cas de stationnement illégal) et un pôle enfance (halte garderie itinérante, aide aux devoirs…). Une association donc, qui centralisait pas mal de services mais dont l’action dépendait de la volonté de chaque mairie à se saisir de la problématique.
En 2017, un marché public est lancé pour la première fois par le département, nouvelle collectivité de référence. Ce dernier a fait appel à des prestataires extérieurs pour s’occuper de la question des gens du voyage. Les candidats, dont Voyageurs 37, ont dû déposer un dossier pour obtenir un financement. C’est celui de Tsigane Habitat qui a été retenu. Conséquence, Voyageurs 37 s’est retrouvé en difficulté financière.

 

L’association doit se mettre en redressement judiciaire pour payer les licenciements . Elle obtient gain de cause au tribunal pour que Tsigane Habitat reprenne 3 membres du personnel. “On voulait le moins de casse possible” indique Abel Pires. Le 19 juin 2019, c’est la fin. Le Tribunal de Grande Instance liquide l’association.

Le problème de la domiciliation

De son côté, Tsigane Habitat a fusionné avec Soliha (aide au logement) en janvier dernier. Problème, ils interviennent uniquement sur les aires d’accueil avec un service de médiation dédié à la gestion des Grands Passages (fêtes religieuses ou événements familiaux). Sur le territoire du lochois, un pôle médiation est aussi à l’oeuvre pour mettre en relation gens du voyage et communes ou trouver des solutions en cas d’installations illégales.

 

Le grand changement, c’est le service de domiciliation. Pas de boîtes aux lettres dans les locaux de Tsigane Habitat. Ce sont les Centre Communaux d’Action Sociale (CCAS) qui s’en occupent ou les mairies si la commune comporte moins de 1500 habitants. Pour aider à la transition vers cette nouvelle organisation, l’association travaille en partenariat avec les mairies. Reste à voir comment la machine se mettra en route alors que les services d’aide aux gens du voyage se retrouvent éparpillés et entre les mains de personnes peu ou pas qualifiées sur la question.

 

L’ex directeur de Voyageurs 37 rappelle la réalité sur le terrain : “Le courrier a été redonné à la poste. On ne sait pas si les personnes suivies se sont re-domiciliées ailleurs. Le problème en été, c’est le renouvellement des aides. Une famille de quatre enfants paye 300€ pour stationner sur une aire chaque mois. Sachant que leur situation est souvent précaire, ils peuvent être tentés de stationner illégalement”. Ce qu’Abel Pires redoute, c’est le manque de communication sur cette nouvelle organisation qui pourrait mener à de nouveaux problèmes de gestion et de compréhension entre gens du voyage et institutions…
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