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Football : Le club de Joué a-t-il été favorisé par l’adjoint aux sports de la ville de Tours ?

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La vie du football tourangeau n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Alors que depuis le début de la saison, le stade de la Vallée du Cher est partagé entre le Tours FC et le club de Joué-lès-Tours, cette situation connaît un rebond politique, avec en fond, des accusations de favoritisme à l’encontre d’Eric Thomas, adjoint aux sports de la ville de Tours.

Les relations de l’élu de Tours interpellent

Cette validation par la ville de Tours, de partage du terrain de la Vallée du Cher entre le Tours FC et Le Joué FCT avait fait un peu réagir cet été et pour cause : la ville avait d’abord ouvertement soutenu le projet avorté de reprise du Tours FC par Omar da Fonseca. Et c’est après que ce dernier ait finalement déporté son projet vers le club jocondien, que cette décision a été prise. « Eric Thomas joue contre le club de la ville où il est adjoint aux sports » attaquait ainsi cet été l’ancien maire de Tours et désormais conseiller municipal d’opposition Christophe Bouchet, suite à l’annonce de l’utilisation des terrains tourangeaux par le club Joué FCT.

Pied de nez à Jean-Marc Ettori, le propriétaire du Tours FC en conflit avec la ville de Tours depuis plusieurs années (anciennes municipalités comprises) pour certains, volonté de ne pas perdre la face après avoir soutenu le projet de reprise de l’ancien footballeur argentin pour d’autres, mais aussi soupçons d’accointances de la part d’Eric Thomas avec le club jocondien et notamment son président Eric Bedoyan, collègue de l’adjoint aux sports de la ville de Tours au sein de Val Touraine Habitat pour d’autres encore… la décision a interpellé dans le milieu du foot.

Interrogé cet été par notre Rédaction sur sa proximité avec le président du club jocondien, Eric Thomas avait botté en touche : « Oui nous travaillons pour le même employeur, ce n’est un secret pour personne. Je rappelle juste que c’est le maire de Joué-lès-Tours qui a fait la demande que l’équipe première du club de sa ville puisse utiliser pour quelques matchs le stade de la Vallée du Cher. Ce n’est pas une demande de ma part. » (ndlr : pour les besoins de cet article nous avons essayé de contacter en vain M. Bedoyan)

La licence de l’adjoint tourangeau au sein du club de Joué-lès-Tours…

Dans les faits, rien de répréhensible évidemment, mais alors même que l’équipe municipale d’Emmanuel Denis s’est faite élire en 2020 sur une promesse de probité, d’éthique et de changement dans la façon de faire de la politique, la proximité entre l’adjoint aux sports et le président du club jocondien pose question. D’autant plus que lors du dernier conseil municipal le 03 octobre dernier, Christophe Bouchet a relancé le sujet en révélant qu’Eric Thomas avait également jusqu’au 30 juin dernier, une licence de dirigeant au sein du club de Joué-lès-Tours… Une révélation qui met mal à l’aise jusque dans l’entourage proche du maire de Tours, certains affirmant même que ce dernier n’était pas au courant de cette situation avant la révélation publique faite par Christophe Bouchet…

Malaise palpable à la Mairie…

Le malaise est palpable. « Les services juridiques de la ville sont en train de regarder cela, nous reviendrons vers vous prochainement » a-t-on ainsi comme première réponse à nos questions sur le sujet au lendemain du conseil municipal du 03 octobre dernier. Finalement, il faudra une quinzaine de jours à la ville pour nous répondre. Le sujet est sensible et nous n’aurons pas Eric Thomas en interlocuteur mais seulement le cabinet du maire sous la forme d’une réponse formelle par mail dans laquelle on peut lire ceci :

« Bien que les conséquences de cette situation puissent être soumises à interprétation, l’application d’un principe de précaution le conduit à considérer qu’il y a lieu de prévenir toute potentielle situation de conflits d’intérêts. Ainsi a-t-il pris un arrêté constatant le déport de Monsieur Thomas des dossiers dans lesquels un lien existerait entre ces clubs et la municipalité.

Sous réserve de l’appréciation souveraine du juge administratif, les questions de tarifications des équipements sportifs pour les clubs implantés sur le territoire de la métropole et ceux extérieurs à celle-ci approuvées le 3 octobre dernier, toujours dans cette logique de précaution, ne seront pas appliquées. Ces tarifs, dans leur principe et leurs modalités, seront soumis à une nouvelle instruction par les services et inscrits à une prochaine séance du Conseil municipal. »

En clair les tarifs faits aux clubs seront revotés et Eric Thomas ne prendra pas part aux votes au regard de sa situation personnelle.

Une réponse à travers laquelle Emmanuel Denis et son cabinet en profitent pour reprendre Christophe Bouchet également :

« En outre, M. le maire a jugé utile de faire toute la lumière sur les différents liens pouvant exister entre les membres du Conseil municipal d’une part et l’activité du football dans la mesure où, lors de ce même Conseil Municipal, M. Bouchet avait fait état de sa qualité de membre de l’association Tours Football Club pour ne pas prendre part au vote d’une délibération, alors qu’il avait pourtant pris part au vote des subventions de cette association antérieurement.

Renseignements pris, que ce risque n’était effectivement pas mentionné dans sa« fiche d’identité élu(e) » mise en œuvre en début de mandat pour cartographier les risques de conflits d’intérêts, pas plus que n’est mentionné le lien familial l’unissant avec le trésorier de cette association.

M. le maire a donc décidé, de façon transparente, de communiquer l’ensemble des éléments relevant de cette thématique à l’autorité judiciaire qui reste seule compétente pour tirer les conséquences de ces informations. »

Attaqué donc directement dans cette réponse, Christophe Bouchet se défend : « J’ai réadhéré au TFC Association par solidarité après le début de mandat. Je ne m’en suis jamais caché, tout comme je n’ai jamais caché que mon beau-père est trésorier de l’association depuis 10 ans désormais. Je me suis toujours déporté lors des votes. »

Quant à la décision de suspendre la délibération du dernier conseil municipal, Christophe Bouchet évoque « une mesure de bon sens » mais réclame plus : « Au vu de ce que M le maire écrit, M. Thomas ne peut plus être adjoint aux sports, car ce n’est pas possible d’avoir un adjoint qui soit obligé de se déporter des délibérations liées au football. Il devrait en tirer lui-même les conséquences. »

Joint également par nos soins, Frédéric Augis, le maire de Joué-lès-Tours et soutien du projet porté par Omar da Fonseca sur le club de sa commune, indique ne pas avoir eu connaissance de la licence d’Eric Thomas au Joué FCT, et affirme soutenir Emmanuel Denis dans sa décision de transmettre aux autorités judiciaires le sujet : « C’est la bonne chose à faire pour écarter justement tout soupçon de favoritisme éventuel. »

Jean-Marc Ettori : « il me semble normal qu’Eric Thomas soit au moins suspendu provisoirement ou qu’il démissionne»

Pour Jean-Marc Ettori le propriétaire de la SASP du Tours FC : « Je n’ai pas à m’immiscer dans la vie politique tourangelle mais au regard des éléments récents il me semble normal qu’Eric Thomas soit au moins suspendu provisoirement ou qu’il démissionne, car le conflit d’intérêt parait manifeste ». Néanmoins Jean-Marc Ettori nous affirme exclure pour le moment toute intention de procédure judiciaire : « Je ne pense pas que la ville et le club aient besoin d’aller au pénal. J’en appelle au bon sens de chacun. »

Jean-Marc Ettori salue par ailleurs la décision du report du vote des tarifications : « Cela me parait la moindre des choses » nous dit-il sur cette question sensible. Jusqu’en juin dernier, la convention liant la ville au Tours FC, faisait payer à ce dernier la somme de 30 000 euros annuels pour l’utilisation des terrains de la Vallée du Cher. Le vote du 03 octobre dernier, faisait passer ce montant à 77 000 euros, soit 4500 euros par match selon Christophe Bouchet, alors même que le club de Joué-lès-Tours ne devrait s’affranchir que de 2500 euros par match de son côté. A ce sujet, Jean-Marc Ettori évoque une situation qui pourrait évoluer : « j’ai eu récemment des discussions avec les services de la ville et ils reviennent avec de meilleurs sentiments à notre égard même si on n’est pas encore en phase avec nos besoins. »  

Pour autant Jean-Marc Ettori demande du respect pour son club et le foot local en général : « Car en voulant détruire le Tours FC, ils sont en train de détruire le club de Joué-lès-Tours » analyse-t-il en citant Zanin Imamagic, l’ex-entraineur du club jocondien qui après avoir démissionné avait dénoncé dans les colonnes de nos confrères de la Nouvelle République la perte d’identité du club jocondien…  

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