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Face à Christophe Bouchet, ils veulent proposer une alternative pour la ville de Tours…

On dit souvent qu’il y a une prime au maire sortant, lors d’une élection municipale. Cette position peut également s’avérer difficile avec des attaques ciblées des différentes oppositions et adversaires politiques pour devenir au final celui vers qui toutes les critiques se tournent et que tout le monde veut faire tomber. Les prochaines Municipales ne feront pas exception à la règle. Ainsi derrière les querelles de personnes et les questions de positionnement politique et d’investiture qui agitent le microcosme tourangeau ces derniers jours, c’est bel et bien l’envie de proposer une alternative aux Tourangeaux qui anime les adversaires politiques du maire de Tours.

« Depuis 2014, la ville est à l’arrêt ». Cette phrase nous l’avons entendu à de maintes reprises ces derniers mois : de la part d’écologistes comme Emmanuel Denis, de socialistes à l’instar de Jean-Patrick Gille, de Marcheurs comme Pierre Commandeur ou de membres de centre-droit comme Xavier Dateu. Tous ont en commun de vouloir proposer une alternative à la politique menée actuellement par la majorité en place. Tous se montrent plus que critiques envers celle menée par le maire de Tours et sa majorité.

Un maire au centre de toutes les critiques

Christophe Bouchet est ainsi au centre de toutes les critiques, un signe que la campagne pour les Municipales est lancée. Des critiques bien aidées il est vrai par un mandat compliqué pour la majorité (alors) UDI-LR élue en 2014. Depuis mars 2014, le mandat aura été marqué par un temps de transition long, renforcé par le départ de Serge Babary en septembre 2017. Depuis cet automne-là, le maire de Tours c’est Christophe Bouchet. Et ce dernier doit trainer avec lui le bilan entier du mandat, mais aussi le sien.

C’est ce dernier qui est aujourd’hui pointé du doigt par les adversaires politiques. « Derrière la communication, le bilan de Christophe Bouchet est mauvais » avance Pierre Commandeur, élu d’opposition et membre de LREM. Et ce dernier, pour appuyer son propos de prendre exemple sur des projets emblématiques qui n’avancent pas selon lui : Les Halles, (« au point mort et déconnecté des besoin des commerçants»), le Haut de la Rue Nationale (« exactement le projet que Jean Germain avait à l’époque ») ou encore le Haut de la Tranchée…

Elu d’opposition, ce dernier est rarement tendre avec la majorité actuelle en Conseil Municipal, tout comme son collègue Nicolas Gautreau qui s’est prononcé candidat également aux prochaines élections. Ce dernier prépare actuellement sa liste et promet qu’elle dépassera les « clans », avec des personnes de gauche voire de droite, mais toutes soucieuses de faire avancer la ville à travers un nouveau projet. Et ce dernier d’attaquer ouvertement et régulièrement aussi la politique de Christophe Bouchet, jugée comme « de la communication politique ».

Les dépenses de communication Xavier Dateu, autre candidat à la Mairie de Tours, les avaient rapidement dénoncées également. Aujourd’hui ce dernier évoque « un manque de cap politique » et le besoin de mener un travail de fond sur le terrain pour écouter les Tourangeaux, ce qu’il dit faire de son côté depuis plusieurs mois.

Si on est loin de se diriger vers un « tout sauf Bouchet », les critiques et attaques sont toutes clairement ciblées contre le maire de Tours, la majorité sortante et le bilan du mandat.

Un maire de Tours accusé donc de tous les maux, mais qui se défend. « Mes adjoints et moi travaillons au quotidien. Nous sommes sur le terrain chaque jour et nous sommes concentrés sur notre mission. » En clair, même si comme candidat déclaré il négocie en coulisses avec les instances nationales d’En Marche pour un éventuel accord et donc une investiture de fait, Christophe Bouchet sait qu’en tant que maire sortant, son intérêt est de ne pas se lancer trop tôt dans la bataille et de privilégier son rôle de maire. « Il reste un peu moins d’un an de mandat, c’est long. On ne peut pas se permettre de perdre du temps, non pas pour nous, mais pour la ville et les Tourangeaux, nous avons un devoir envers eux » explique-t-il. Et Christophe Bouchet, à l’inverse de ses opposants d’évoquer une politique menée pour la ville, un bilan positif et des projets qui font avancer la ville à l’instar de la réduction de la dette.

Vers un rassemblement à gauche ?

Pour les prochaines élections, le maire de Tours devra aussi regarder sur sa gauche. Ici aussi on prépare la construction d’une alternative à la majorité actuelle. Pour y arriver, il faudra réussir au rassemblement au delà des partis habituels. C’est en tout cas le sens du message d’Emmanuel Denis, l’élu écologiste, tête de liste en 2014, a depuis plus d’un an, commencé à mettre en place une stratégie et un projet à travers les réunions des « Cogitations Citoyennes ». Un travail remarqué, qui n’est peut-être pas à dissocier du bon résultat d’EELV sur Tours aux dernières élections Européennes. A Tours, les écologistes ont toujours eu une belle dynamique, accentuée ces derniers mois par les questions climatiques qui se sont immiscées dans l’actualité et les débats d’opinion publique. Mais pour peser, il faudra donc rassembler, « sur la base d’un projet » précise Emmanuel Denis qui refuse que les alliances se fassent sur des questions de postes et de places sur la liste. Et l’élu écologiste ne ménage pas sa peine, rencontrant depuis plusieurs mois socialistes et communistes (avec qui il forme un groupe au Conseil Municipal), mais aussi C’est au Tours du Peuple, le collectif local de gauche composé de membres de la France Insoumise et du NPA.

Une chose est sûre, si la gauche veut peser et remporter l’élection elle devra faire front commun. Seulement le même jour, alors que les socialistes appelaient à parler avec toutes les forces de gauche, « C’est au Tour(s) du Peuple » disait quasiment la même chose en citant écologistes, communistes ou Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon, mais oubliant volontairement les socialistes… Signe que les fractures passées ne sont pas totalement refermées et que l’alliance entre tous ne sera pas forcément évidente.

Et puis il y a la question de l’incarnation, car on ne peut pas en faire abstraction, une élection locale se gagnant aussi sur ce facteur. Et si tous, que ce soit les socialistes, écologistes ou C’est au Tour(s) du Peuple, parlent aujourd’hui de rassemblement autour d’un projet et d’une méthode impliquant les Tourangeaux, cette question du leadership viendra forcément. EELV avec son bon score aux Européennes est actuellement au centre du jeu, reste à convaincre sans imposer aux possibles partenaires de suivre le mouvement.  Du côté de C’est au Tour(s) du Peuple, autre force de gauche qui a fait de bons scores ces dernieres années à Tours (Municipales 2014 ou Législatives 2017 avec Claude Bourdin), la date butoir à un accord potentiel étant fixé au 15 juin prochain… Les prochaines semaines vont être intenses en négociations.

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