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Dans le cœur d’un data center 

Cet article est issu du numéro de printemps 2020 de  37° Mag, le magazine papier-connecté de 37 Degrés.


C’est un monde obscur pour beaucoup, les data centers sont pourtant devenus l’élément indispensable d’une économie et plus généralement d’une société de plus en plus numérique. Si on les trouve particulièrement Île-de-France, ils sont quelques-uns à s’être installés en région Centre-Val de Loire,  dont Castle IT qui a ouvert ses portes fin 2016 sur une surface de 1 300 m², forcément ultra-sécurisée. 

Quand on évoque le mot data center – centre de données en français – nous vient l’image de rangées interminables de rayonnages de baies informatiques à l’atmosphère un peu futuriste. Difficile de croire que se cachent dans ces baies austères, reliées par des câbles divers et variés, nos données numériques, d’un simple e-mail envoyé à sa grand-mère avec la photo des enfants jusqu’aux documents les plus confidentiels et importants de notre vie d’hommes et de femmes du XXIe siècle, qu’ils soient professionnels, personnels, bancaires… Si pour le quidam internet reste un monde virtuel, pour faire tourner ce monde il faut bien des structures physiques. C’est là qu’interviennent les data centers.

En arrivant dans une zone industrielle du côté de Larçay, on tombe ainsi sur un bâtiment d’une belle superficie : 1 300 m², plutôt neutre au premier abord. C’est ici que s’est installée « Castle IT » fin 2016, une société tourangelle lancée par six associés. De l’extérieur, si ce n’est le logo de l’entreprise inscrit en gros, rien ne laisse présager que l’on se trouve ici dans l’un des trois plus importants data centers de la région Centre-Val de Loire.

La sécurité comme priorité première

L’installation dans cette zone ne doit pourtant rien au hasard nous explique-t-on, car la première des priorités pour ce genre de structures reste la sécurisation des données et pour cela tout a été réfléchi et pensé en amont : risques sismiques, risques d’inondations, éloignement par rapport aux grands axes ferrés, routiers ou même des couloirs aériens… Il a fallu ainsi dresser une carte fine et précise du territoire pour savoir où installer les locaux afin de limiter au maximum les aléas externes.

La sécurité c’est en effet le premier enjeu du business des data centers et elle ne se limite pas qu’aux facteurs externes. Une fois devant le bâtiment de Castle IT, il faut montrer patte blanche pour pouvoir pénétrer dans les locaux. A l’intérieur, les contrôles sont encore multiples : lecteur de cartes, d’empreintes digitales ou encore d’empreintes veineuses… En tout pour accéder à la salle des serveurs, il faut passer par quinze points de contrôle.

Les serveurs, ils sont regroupés par baies dans une salle de 600 m². C’est ici que l’on retrouve « l’or » de Castle IT qui permet à la société tourangelle de dégager un chiffre d’affaires annuel de 1,2 million d’euros, avec un objectif à 2,5 millions d’euros à moyen terme. « Pour l’instant, les baies ne sont remplies qu’à 25% » explique Maxime Paillot, l’un des fondateurs associés de l’entreprise. Par rapport aux prévisions de départ, ce dernier nous explique que la partie services (hébergement notamment) a pris le dessus sur le volet stockage pur. « Le problème des baies c’est qu’il faut que les clients aient des personnes compétentes pour les gérer, ce n’est pas toujours le cas, alors on propose de l’hébergement mutualisé, plus simple notamment pour les petites structures. »

Pour se démarquer, Castle IT croit beaucoup dans ses offres de services, d’autant plus que cela correspond avec l’image que l’entreprise souhaite se donner. « Nous accordons beaucoup d’importance à la relation de confiance avec nos clients. Chez nous, chacun d’entre eux ont un interlocuteur propre, cela permet de répondre au mieux à leurs besoins » poursuit Maxime Paillot.

Cette confiance, elle s’inscrit aussi et toujours à travers les processus de sécurité mis en place. Pour pallier tout problème éventuel, tous les réseaux sont doublés voire triplés via des raccordements différents. « On veut être sûr que si un dysfonctionne on puisse rediriger vers un autre » raconte notre interlocuteur en nous faisant la visite des salles jumelles où sont situées les boîtiers de raccordements différents. « Si on a un souci dans une salle on peut basculer dans l’autre et inversement. » Des process de sécurité qui valent pour l’électricité comme pour la climatisation, les réseaux internet ou encore les canalisations de protection en cas d’incendie.

Un bâtiment éco-efficient 

Reste la question de l’empreinte énergétique. En effet, entre la puissance électrique nécessaire, les circuits de refroidissement des baies, un data center est a priori tout sauf compatible avec la lutte contre le réchauffement climatique. C’est bien simple, à l’échelle du pays on estime même que les data centers consomment 10% de l’électricité française. Un chiffre qui pourrait devenir encore plus conséquent à l’avenir face à la multiplication des objets connectés que l’on retrouve désormais dans tous les foyers.

Pour réduire cette empreinte énergétique Maxime Faillot nous explique que dès la conception des bâtiments, Castle IT a cherché l’éco-efficience. « On a déjà fait appel à un maximum d’acteurs locaux pour éviter les coûts énergétiques liés aux transports. Par la suite un contrat a été passé également avec EDF pour rendre le bâtiment en 100% énergie verte. » En clair, avec ce contrat, EDF s’engage à produire l’équivalent en énergie verte de la consommation de Castle IT.

Le magazine papier en cours de distribution

À partir de cette semaine, 37°Mag sera distribué dans toute l’Indre-et-Loire ! En raison des difficultés actuelles, la distribution peut néanmoins être perturbée (commerces encore fermés, refus de dépôts de publications en raison des règles sanitaires…) Nous nous en excusons pas avance et ferons tout notre possible pour qu’il soit disponible dans un maximum de points de dépôts habituels (la liste ici).

Sorti le 29 mars, il est également toujours disponible en version numérique ici 👉 37degres-mag.fr/37-mag/

L’impression ayant été réalisée avant le confinement certaines informations ne sont pas à jour et nous en sommes désolés.

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