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Coronavirus : quelles conséquences sur les élections municipales ?

 

L’épidémie de Coronavirus n’en finit plus d’avoir des retombées. Tous les secteurs sont touchés et s’adaptent. Partout le principe de précaution prévaut, non sans certaines inquiétudes sur les conséquences, sanitaires en premier lieu, mais également indirectes, économiques notamment. La politique ne fait pas exception à la règle et alors que nous sommes désormais à 5 jours du premier tour des élections municipales qui se tiendront dimanche 15 mars, les candidats en campagne doivent s’adapter également.

A Tours, le premier à avoir pris une décision tranchée est Nicolas Gautreau. Le candidat, tête de liste sous l’étiquette « Les Indépendants » a dès vendredi dernier annulé ses réunions publiques prévues dans la dernière semaine de campagne. Nicolas Gautreau nous expliquait ainsi ne pas vouloir prendre de risques mais aussi anticiper des directives éventuelles venant des autorités. Conséquence, le candidat a réaménagé son planning. En lieu et place des réunions publiques, le candidat explique alors profiter du temps libéré pour accentuer le porte-à-porte et le contact direct.

D’autres candidats comme Christophe Bouchet ou Emmanuel Denis nous affirmaient en revanche être vigilants mais ne pas changer leurs agendas en l’absence de décision de l’Etat.

Oui mais depuis, les consignes et mesures de prévention se sont renforcées face à l’augmentation du nombre de malades sur le territoire métropolitain. Si pour l’heure l’Indre-et-Loire reste un département faiblement touché, les premiers cas détectés en fin de semaine dernière laissent craindre une contagion plus grande, et le département n’est pas épargné par les mesures de prévention, dont l’interdiction de rassemblement de plus de 1000 personnes.

Sur la situation en Indre-et-Loire : lire notre article sur Info Tours

Comment s’organiser dès lors pour les candidats ? Si les meetings et réunions publiques restent bien loin du seuil des 1000 personnes, réunir entre plusieurs dizaines et quelques centaines de personnes dans un même lieu devient un exercice délicat devant l’angoisse grandissante d’un virus généralisé. Et puis le seuil pourrait être abaissé dans les prochains jours, si l’épidémie continue de s’amplifier.

Autant de raisons qui ont poussé Benoist Pierre à son tour à annuler ses réunions publiques prévues d’ici la fin de semaine, y compris son grand meeting de fin de premier tour qui devait se dérouler jeudi soir à l’Hôtel de Ville de Tours. Et si le candidat tiendra en remplacement un « E-meeting » diffusé en direct sur internet, cela ne remplacera pas vraiment cette dernière occasion de convaincre quelques électeurs supplémentaires.

Et il n’y a pas qu’à Tours que le Coronavirus perturbe la campagne. Du côté de Saint-Cyr-sur-Loire, Philippe Briand annulerait aussi selon nos informations son meeting prévu cette semaine. A La Riche, Wilfried Schwartz a fait de même pour ses réunions publiques.

Quels impacts sur le scrutin ?

Au-delà de la campagne, le Coronavirus aura-t-il des conséquences sur l’élection en elle-même ? C’est fort à parier. Si le week-end dernier, le Premier Ministre a confirmé le maintien des dates prévues pour les 1er et 2e tour (les 15 et 22 mars), le premier impact qui semble se dessiner est une abstention importante. En effet, selon un sondage IFOP publié en ce début de semaine, 28% des Français envisageraient de ne pas aller voter par peur du coronavirus.

Du côté des mairies, on s’organise d’ailleurs pour faire face à la peur générale mais aussi à un risque de contamination en raison du flot de personnes qui passeront dans les isoloirs. A Tours, la ville mettra ainsi un dispositif particulier, sur lequel elle communiquera en fin de semaine et cela ne devrait pas être la seule commune.

Et puis il y a aussi la question des conséquences politiques du virus et de cette abstention qui s’annonce forte. Cela peut-il changer l’issue de scrutins, notamment dans des villes où l’issue pouvait s’annoncer incertaine ? Possible, reste à savoir si cela influera le scrutin à la marge ou plus largement. L’abstention sera à regarder et à analyser de près dimanche soir, car elle sera sans aucun doute un facteur majeur des résultats qui tomberont à 20h, avec une sociologie des votants forcément singulière. Pour certaines équipes de campagne, il apparaît même difficilement envisageable de maintenir le premier tour à dimanche, tandis que d’autres s’interrogent sur les conséquences post-électorales et notamment la légitimité de celles et ceux qui seront élus si l’abstention se révèle historiquement haute. Dans une période où la légitimité des élus est sans cesse remise en cause, un tel cas de figure n’arrangerait en rien à la crise démocratique que le pays connaît depuis plusieurs années. De la fiction pour l’instant, mais qui pourrait bien devenir réalité lundi matin…

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