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Christophe Bouchet et Emmanuel Macron : l’entente cordiale…

La venue du Président de la République, Emmanuel Macron, en Touraine n’aura échappé à personne. Une visite pendant deux jours axée sur le thème de l’éducation avec entre autres une visite au CFA des Compagnons du devoir ou encore d’une école à Rilly-sur-Vienne ce jeudi matin. Une visite qui ne sera pas passée inaperçue y compris dans le microcosme politique, avec notamment la rencontre en tête à tête du Président de la République avec le maire de Tours, Christophe Bouchet. Et certains d’y voir un signal politique fort en direction des élections municipales de 2020…

Quand on connaît le sens de la maîtrise de la communication d’Emmanuel Macron, c’est difficile de ne pas voir en cette rencontre en tête à tête avec le maire de Tours, mais aussi la rencontre avec le Conseil Municipal, une forme d’opération à la fois de séduction, mais aussi un signal envoyé pour les prochaines municipales.

Les amis d’En Marche

Si les élections municipales se dérouleront en 2020, soit dans deux ans, la préparation de celles-ci est déjà dans les cartons. Sur la lancée de 2017 et le basculement politique opéré, La République En Marche et Emmanuel Macron en tête préparent en effet déjà le terrain. Oui mais mener des élections municipales pour un mouvement politique aussi jeune et manquant encore d’un nombre suffisant de militants prêts à s’engager dans la bataille, n’est pas chose aisée. Les élections municipales ont leur propre logique, différente des élections nationales et Emmanuel Macron le sait bien. Depuis plusieurs semaines, LREM conscient de ses limites actuelles, dresse une carte précise de France pour cerner les villes (notamment les plus grandes) dans lesquelles des alliances seraient possibles. Deux raisons à cela : le manque de forces vives donc, mais aussi l’occasion pour le mouvement d’Emmanuel Macron d’achever la transformation politique en cassant de nouveau, par ces alliances, les lignes classiques et traditionnelles politiques. Ce qui en ressortirait suivant cette logique : un centre élargi comme principale force politique mais aussi un parti présidentiel renforcé par le poids pris dans la gestion des villes, en direct ou non.

Christophe Bouchet : un maire jugé Macron-compatible

Parmi les grandes villes jugées compatibles avec le projet présidentiel, on retrouve Tours et son maire de centre-droit Christophe Bouchet. Ce dernier a d’ailleurs été reçu à l’Elysée le 28 février dernier par Emmanuel Macron, en compagnie d’une dizaine de maires de droite en France avec lesquels le Président pense pouvoir travailler.

Christophe Bouchet qui n’a par ailleurs jamais caché sa sympathie pour le Président de la République et son action et qui s’est trouvé séduit par la visite présidentielle de cette semaine :

« J’ai trouvé que c’est un Président très à l’écoute, avec une envie forte de construire un dialogue avec nous. On a parlé des atouts du territoire, le tourisme, les biotechnologies ou l’université, il m’a assuré qu’il allait nous soutenir dans notre volonté de développement à partir de ces points forts. Son souhait est que l’on travaille de façon apaisée loin des combats politiciens, notamment avec de bonnes relations avec l’Etat. »

Un discours qui va dans le bon sens pour Christophe Bouchet : « C’est une façon de travailler un peu neuve mais qui fonctionne et me correspond. En local, nous travaillons déjà ensemble sur beaucoup de sujets avec le député Philippe Chalumeau (La République En Marche) et le président de la Métropole Philippe Briand (Les Républicains), parce que l’important c’est de sortir des projets, de travailler pour le bien des Tourangeaux ».

Et si Christophe Bouchet aujourd’hui temporise expliquant « se concentrer sur sa fonction d’aujourd’hui et ne pas faire de calculs politiciens », difficile de ne pas y voir des prémices à une alliance future. Une hypothèse qui inquiète voire agace  certains proches du mouvement présidentiel en Touraine car remettant en cause des initiatives plus locales. Dès ce début de semaine c’est Françoise Amiot – qui a lancé son association « Tours à Venir » il y a quelques semaines pour « faire émerger des projets » en vue de la campagne de 2020 – qui s’est exprimée par communiqué : « Il semblerait que le maire actuel de Tours, Christophe Bouchet, coure après l’investiture En Marche pour les élections municipales. Entre Macron et Wauquiez, il faut choisir ! Pour ma part, le choix a été fait il y a plus d’un an […] ». Ailleurs, on observe pour le moment la situation avec un regard plus ou moins bienveillant, que ce soit au sein du mouvement En Marche en Touraine où l’on se montre plutôt attentiste mais aussi au sein d’une droite tourangelle triomphante en 2014 mais qui devra faire aussi ses choix le moment venu.

La recomposition du paysage politique entamée l’an passé a fait bouger des lignes et le mouvement ne semble pas encore achevé. D’ici 2020, beaucoup de choses peuvent encore se passer, mais les élections qui se profilent cette année là s’annoncent déjà charnières pour le paysage politique français.

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