ArticleA la uneCulture

Cathialine : retour en Touraine et premier album.

© Tommy Pascal

Celle qui, à l’âge de 15 ans, jouait déjà ses compositions sur les scènes tourangelles (Bateau Ivre, Café Leffe à l’époque à l’emplacement du Palais) avec son papa au piano, est revenue poser ses valises il y a quelques mois dans la capitale tourangelle, après de nombreuses années dans la capitale tout court. Ce 2 février 2018, son premier album – fruit de «sept ans de réflexion» – sort en CD.

© Tommy Pascal

En juin dernier, nous tombions instantanément sous le charme du clip et de la chanson «Gods and wailings» et de l’univers feutré et millimétré tant de la chanteuse/musicienne Cathialine que de son mari réalisateur Tommy Pascal – expert en danse, mode, musique classique et opéra – signant toujours des photos et des vidéos ultra-léchées : une collaboration qui fonctionne parfaitement.

En 35 minutes et dix titres, ce premier opus résume un cheminement d’une petite dizaine d’années, à la croisée des chemins entre classique, folk et songwriting. Un marche-pied en velours rouge vers une suite plus inattendue.

© Tommy Pascal
© Tommy Pascal

Nous avons rencontré Cathialine dans un café, à quelques mètres de celui de ses premiers pas sur scène.

37 degrés : Qu’est-ce qui vous anime ?
Cathialine : J’aime les musiciens, j’aime en rencontrer et travailler avec eux. Je suis moi-même pianiste, depuis très longtemps, mais je suis toujours fascinée par les instrumentistes comme celles et ceux avec qui j’ai eu la chance de collaborer sur ce disque. Je les ai choisis autant pour la qualité de nos relations humaines que pour nos affinités artistiques. J’en connais certains depuis une dizaine d’années, lorsque je chantais dans la comédie musicale Le Roi Soleil. Dans mes compositions, la voix n’est qu’un instrument parmi les autres, j’essaie de faire en sorte qu’elle ne domine pas toujours les morceaux.

37 degrés : Justement dans «Gods and wailings», le cor a une place aussi importante que la voix. Comment s’est construite cette collaboration avec Hervé Joulain ?
Cathialine : Au départ, j’ai chanté la partie du cor et j’ai envoyé cette version à Hervé Joulain avec qui j’avais très envie de travailler. Il m’a fait de très bons retours, en me disant qu’il était intéressé pour jouer cette partie. Il n’a quasiment pas touché à ma composition, c’était un honneur pour moi. Le résultat m’inspire beaucoup pour la suite où j’ai l’intention d’explorer de nouveaux territoires. Je suis très attirée par l’univers celte et je vais aller m’y balader physiquement dans les prochains moins pour m’imprégner des paysages, des couleurs et de l’atmosphère.

37 degrés : Vous composez toutes vos chansons au piano ?
Cathialine : Je passe beaucoup de temps au piano bien sûr, mais je compose de plus en plus à partir de la voix. Je pars de plusieurs mélodies chantées qui se superposent et se complètent pour construire les morceaux. L’idée ensuite est de répartir ces différentes voix entre les instruments et d’en garder une pour le chant. Je sais assez vite pour quelle texture j’écris telle ou telle partie, mais pas forcément tout de suite pour quel instrument.

37 degrés : Comment transposez-vous ces compositions sur scène ?
Cathialine : J’ai encore assez peu joué cet album en concert, mais notre set est prêt. Nous sommes quatre : je suis au piano et au chant, il y a des percussions et un vibraphone et deux violoncelles. Même si j’adore la composition et le studio et que je travaille déjà au prochain album pour une sortie en 2019, jouer ces morceaux sur scène me tient très à cœur et j’ai hâte de tourner.

37 degrés : Vous travaillez sur un autre projet, Train Song. Pouvez-vous nous en parler ?
Cathialine : C’est au départ un duo de femmes (dont l’une avant d’être dans la musique a été hôtesse dans les wagons-lits !) qui cherchaient une voix. Je les ai rencontrées en 2017, c’est encore tout frais ! L’idée comme le nom du trio l’indique c’est de construire un répertoire autour de la «chanson de train» qui traverse les époques, les styles et les cultures. Le blues est évidemment très présent, mais il y aussi des chants traditionnels et des chansons qui évoquent le voyage en train, ce moment et ce lieu parallèle, comme par exemple quelqu’un comme Nana Mouskouri et son morceau «Le train dans la plaine». Nous utilisons exclusivement des instruments légers, qui peuvent être emportés en voyage justement : banjo, harmonium, guitare, petites percussions…

Propos recueillis à Tours le 29 janvier 2018.

© Tommy Pascal
© Tommy Pascal

Un degré en plus

> Le CD «Worship the weakness» est notamment disponible chez Madison, rue Colbert.

> Le site de Cathialine

Print Friendly, PDF & Email