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Avec Valérie, les poupées ont une seconde vie

C’est une de ces boutiques qui dégage une atmosphère particulière, où l’on rentre en sachant très bien que l’on pénètre dans un univers à part. « L’atelier de Valérie » est situé rue du Grand Marché et fait partie du « Quartier des Arts », à la fois commerce et lieu d’artisanat, au savoir-faire rare. Visite.

Sur l’atelier au fond de la pièce on retrouve Valérie Saillard, la maitresse des lieux. Au-dessus d’elle, une lumière éclairant l’établi où est posé un corps de poupée et sa tête à côté, prêts à passer sur la table d’opération, ou plutôt de restauration. Nous sommes à « L’atelier de Valérie », rue du Grand Marché. Une boutique-atelier comme il en existe peu. Ici Valérie restaure en effet les poupées anciennes. Ils ne sont qu’une dizaine comme elle en France.

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« J’ai repris la boutique il y a 20 ans, mais elle avait déjà 30 ans d’existence » explique Valérie en guise de présentation. « J’ai été séduite par la poupée ancienne en tant qu’objet, notamment la matière et les têtes en porcelaine qui se faisaient au XIXe siècle avant l’apparition de nouveaux matériaux ». Une suite logique finalement pour celle qui a une formation en restauration de faïences et de porcelaine.

Restaurateur de poupées un métier rare et original. « Je ne reproduis pas les objets, mais les remets dans leur état d’origine » explique-t-elle pour décrire son métier. Un travail minutieux, d’orfèvrerie pourrait-on dire par analogie. « Je travaille de la même façon qu’un restaurateur de tableau d’art par exemple, il n’y a que l’objet qui change ». Ce travail de restauration, il peut être court ou long, dépend de l’objet amené par les clients. « Je travaille surtout dans la poupée ancienne, jusqu’aux années 1950 » explique Valérie Saillard. Porcelaine, bois, Celluloïd ou encore carton, toutes les matières peuvent être travaillées. Un bras à remplacer, une tête à rafraichir, un corps à ré-assembler, tout est possible. Sur les étagères de l’atelier, sont empilées des caisses avec des bras, des jambes, des corps, des têtes et tout un ensemble de parties détachées permettant de palier à toute situation et à Valérie de restaurer entre 20 et 30 poupées par mois. « On peut toujours restaurer, après cela dépend du budget du client ». La fourchette est large, de quelques dizaines d’euros à plusieurs milliers d’euros. Car les poupées anciennes ont également un marché de collectionneurs avec les côtes qui vont avec. « Après plusieurs années de creux, cela repart un peu à la hausse » analyse notre interlocutrice.

Parmi ses clients, on trouve ainsi des collectionneurs mais aussi des musées ou encore des particuliers. Pour ces derniers, les poupées amenées à l’Atelier sont souvent l’objet d’un attachement fort. « Généralement ce sont des poupées retrouvées dans les maisons familiales et qui sont restaurées parce qu’elles ont une valeur sentimentale, soit parce que c’était des poupées qu’ils avaient enfants ou parce qu’elles appartenaient à leurs parents ».

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Les poupées, des objets à l’histoire riche et à la riche histoire : « Au XIXe siècle, l’histoire des poupées suivaient celle de la mode. Les couturiers les habillaient de leurs collections et s’en servaient pour les montrer à leurs clients » explique Valérie Saillard. Une histoire que la restauratrice perpétue en leur redonnant vie.

Crédits photos : Flavie Gentilhomme / Roger Pichot

 

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