A la uneReportage-Société

La mobilisation contre la réforme des retraites ne faiblit pas

La mobilisation contre la réforme des retraites ne faiblit pas. En témoigne la manifestation à Tours ce mardi 17 décembre. Ils étaient encore des milliers à descendre dans les rues, 15 000 selon les syndicats, 8000 selon les forces de l’ordre, une mobilisation de l’ordre de celle du 5 décembre (entre 10 000 et 12 000 manifestants selon les sources), qui témoigne de l’enracinement du mouvement social.

La place de la Liberté, fixée comme point de départ du cortège tourangeau, s’est rapidement remplie sur les coups de 10h ce mardi 17 décembre. Le monde espéré par les syndicats pour ce troisième jour de mobilisation nationale contre la réforme des retraites était bien présent. Un cortège rejoint par un autre regroupant enseignants, personnels hospitaliers, cheminots, venus à la rencontre de la manifestation via le haut de l’avenue Grammont. La jonction faite au niveau de l’arrêt de bus Boisdenier, la manifestation intersyndicale pouvait s’élancer réellement. Un cortège long, qui occupa à un moment toute l’avenue Grammont entre la place Jean-Jaurès et la place de la Liberté.

A la différence du 05 décembre dernier, plusieurs banderoles représentant des salariés du privé étaient visibles. La traditionnelle SKF mais aussi la CGT du Bâtiment, Michelin, EDF, Eiffage, Crédit Agricole… Des manifestants du privé venus en renfort de ceux du public, cheminots, enseignants et « blouses blanches » de l’hôpital qui occupaient la tête du cortège en ce jour de mobilisation pour la défense de l’hôpital.

Une convergence, chère aux syndicats qui appelaient dès la fin du rassemblement à poursuivre le mouvement et l’amplifier. « Ils ont le fric, mais on a le monde » indiquait Stéphane Deplobin, secrétaire départemental de la CGT au micro à l’issue de la manifestation. Ce dernier lançait par ailleurs un appel appuyé aux salariés du privé à se mobiliser au sein de leurs entreprises, d’organiser des assemblées générales et de lancer des actions. Les syndicats le savent, alors que le mouvement social en est à plus de 10 jours d’affilée, il ne pourra se reposer uniquement sur le secteur public, au risque sinon de le voir s’amoindrir au fur et à mesure. « C’est mon 5e jour de grève, cela me coûte 70 euros à chaque fois, mais je le fais pour défendre mon avenir » expliquait ainsi un cheminot. La motivation est là même si la répétition des journées de grève est difficile à tenir pour certains et ce n’est finalement pas un hasard si la mobilisation a un peu moins fonctionné dans l’enseignement que le 5 décembre dernier, malgré un taux encore important de grévistes, de l’ordre de 30% dans le secteur primaire.  « C’est compliqué de perdre plusieurs jours de salaire dans un mois comme décembre, je comprends que certains collègues ne peuvent pas toujours se mettre en grève, mais si on ne le fait pas on s’en mordra les doigts plus tard » témoignait encore un enseignant du chinonais.

Dans le cortège, on retrouvait également la CFDT qui fermait la marche avec quelques centaines de membres. Pour la première fois le syndicat réformiste rejoignait ainsi le mouvement, suite aux déclarations du Premier Ministre Edouard Philippe. Si le syndicat « reste plutôt favorable à la réforme, la question de l’âge pivot, fixé à 64 ans, n’est pas admissible », nous dit-on. « C’était la ligne à ne pas franchir ».

Autre actualité abordée au long de la manifestation, la démission du haut-commissaire Jean-Paul Delevoye. Une démission perçue comme « un fusible qui saute », mais loin d’être suffisante : « c’est la réforme qui doit sauter » concluait ainsi Stéphane Deplobin, tandis que dans les rangs des manifestants beaucoup appelaient à poursuivre le mouvement malgré les fêtes de fin d’année : « Si on lâche maintenant on aura tout perdu. C’est dur pour tout le monde mais la grève est notre seule arme face au gouvernement. »

Les photos de la manifestation :

Print Friendly, PDF & Email