Signes des Temps #103 Vitrine magique rue Chalmel

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées par notre journaliste Laurent Geneix dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

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Une ancienne boutique qui se transforme en habitation ça peut être chouette et d’autant plus quand les habitants ont la bonne idée de transformer la spécificité de la chose – à savoir, une vitrine – en trompe l’œil rafraîchissant et dépaysant pour le voisinage.

Et du coup, ça donne des envies de généralisation de la chose aux commerces encore existants ! Imaginons nos grandes artères commerçantes cessant de nous attirer sans cesse avec leur nom en géant d’abord, mais aussi avec des slogans, des mots gros parfois limite gros mots, des logos, des promos, des zéros. Avec des femmes à poil, des hommes à poil, des objets divers et variés, des présentoirs, des trucs et des machins. Avec des spots qui sucent de l’énergie même en plein jour et qui fatiguent les yeux le soir quand on passe d’un petit restau à son appartement.

On se prend à rêver du coup d’une rue Nationale, d’une rue de Bordeaux et d’une rue des Halles sobres, avec une succession de vitrines mystérieuses comme celle-ci, reposantes, muettes, douces, éclairées juste ce qu’il faut, réservant l’étalage de produits et de verbiage commercial à l’intérieur uniquement. Peut-être est-ce une nouvelle forme de marketing à inventer : la vitrine décorative et reposante pour les passants, la fin de la vulgarité criarde et épuisante de la surenchère permanente, de la débauche de mots et de chiffres écrits et de produits exhibés qui nous hurlent à la tronche «achetez !» chaque fois qu’on passe par là (rappelons au passage qu’en plus, certains citadins n’ont pas le choix de leurs itinéraires quotidiens).

Une société de consommation plus discrète, en somme. Car sans magasins la ville serait certes morte, mais avec des magasins moins visibles, elle n’en serait que plus belle.

Un degré en plus

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