Métropole: Orléans attendra, Tours aussi

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La droite sénatoriale majoritaire au palais du Luxembourg n’a pas voulu en entendre parler en séance publique comme quelques jours avant en commission. A peine les amendements de Stéphanie Riocreux PS et Jean-Jacques Filleul PS pour Tours et de Jean-Pierre Sueur PS pour Orléans, déposés que, Philippe Bas, LR de la Manche, président de la commission des lois, s’en ait pris « à un virus de la métropolisation qui va mettre en péril la solidarité territoriale, d’un côté la métropolisation et de l’autre la désertification. On parle d’accord entre le faible et le fort mais lorsque le fort aura des problèmes financiers l’accord de ne fera pas long feu ». « L’agglomération de Tours a vocation à devenir métropole. Elle le serait déjà si nous n’avions pas connu des vicissitudes avec le décès de Jean Germain » a plaidé Stéphanie Riocreux.

Nous partîmes à huit métropoles

Jean-Michel Baylet, ministre de l’aménagement du territoire a repris,« Le gouvernement souhaite rétablir son texte par lequel Dijon, Saint-Etienne, Toulon et Orléans deviendront métropoles », a souligné le ministre « Metz, Clermont-Ferrand et Tours, à mon sens ont vocation à rejoindre ce club ». « Sur la forme, je pense à Rodrigue », leur a répondu le rapporteur Mathieu Darnaud. « Nous partîmes à huit métropoles et par un prompt renfort, nous nous vîmes vingt -deux métropoles, on doit repenser l’aménagement du territoire français.”

Sept agglomérations demandaient à accéder au statut de métropole car elles en possèdent les critères définis par la loi : être capitale régionale (Orléans et Dijon), être un bassin de 250 000 emplois et avoir une population d’au moins 400 000 habitants (Tours, Metz, Clermont-Ferrand, St Etienne, Toulon). Pierre Laurent, sénateur de Paris, secrétaire national du Parti Communiste, s’est lui aussi prononcé contre, craignant « un dynamitage de l’architecture institutionnelle du pays car d’autres agglomérations feront la même demande » Angers serait dans les startings blocks.

Les craintes des sénateurs

S’en est suivie une litanie de craintes d’élus ruraux pour leurs dotations et de départementalistes envisageant déjà la perte de leurs compétences ou la disparition pure et simple du département. Cette crainte a largement été relayée par beaucoup d’élus « Ça n’en finira pas. On va abaisser les critères à 300 000, bientôt Reims sera candidate », déclarait l’un. « Moi, je vais poser la candidature d’Aurillac au motif que tout communauté d’agglomération ou communauté de communes ayant en son sein une commune préfecture distante de plus de 150km ou de 3 heures de route d’une métropole peut se voir attribuer le statut de métropole» lançait en riant, Jacques Mézart, patron du PRG, sénateur du Cantal qui dit-il s’exprimait dans « ce débat sur la multiplication des métropoles comme des petits pains ». Amendement rejeté.

Jean-Noël Cardoux, LR du Loiret, s’est montré plus nuancé. S’il n’est pas opposé loin de là à la reconnaissance d’Orléans comme métropole il a exposé les difficultés que rencontrerait, selon lui , la ruralité confrontée à une multiplication de cette structure.
La haute assemblée s’est abritée derrière la multiplication éventuelle et « à l’infini » des métropoles qui sont déjà 15 et avec ces 7 nouvelles seraient désormais 22. De son côté, le rapporteur, Mathieu Darnaud, sénateur LR de l’Ardèche, a fait également valoir que « cette demande n’était que l’article 41 dans un projet de loi consacré au Grand Paris et que ce souhait arrivait bien tard dans le quinquennat et sans discussion préalable ». Il n ‘était donc pas certain que les deux capitales régionales Orléans et Dijon, seules en lice eurent obtenu, hier soir, un meilleur résultat.

L’assemblée où la majorité est différente examinera ce projet de loi sans tarder. Il recevra en plus le soutien de deux députés Républicains, l’ancien maire d’Orléans, Serge Grouard et l’actuel , futur président de la métropole, Olivier Carré. Bien que la date de cet examen ne soit pas connue tout porte à croire que ce sera au début décembre. Le gouvernement tient à en voir aboutir sans tarder les dispositions.

Françoise Cariès

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