Atouts et faiblesses des prétendants pour la mairie de Tours

Élu maire de Tours en 2014, Serge Babary a de grandes chances d’être élu sénateur le 24 septembre puisqu’il mène la liste du parti Les Républicains. En cas de succès, il devra laisser son fauteuil à l’Hôtel de Ville. Plusieurs de ses adjoints sont déjà en campagne pour le remplacer… Leur objectif : obtenir plus de 21 soutiens parmi les 42 membres de la majorité LR-UDI…

Alors que ça négocie en coulisses, faisons le point sur les candidatures et sur leurs chances d’aboutir…

Chris BouchetChristophe Bouchet (Parti Radical – UDI)

Ses atouts : L’adjoint au rayonnement de la ville s’est rapproché du maire ces derniers mois. Membre du « G4 » en 2014, ce groupe de 4 élus ex-UMP et UDI qui s’est associé pour faire basculer la ville à droite en 2014, il est depuis impliqué dans des dossiers stratégiques comme la politique touristique de la ville, la gestion de la société Tours Événements qui organise salons et congrès au Vinci et au Parc Expo, le projet Envies de Loire pour dynamiser les quais du fleuve ou encore le développement de la Cité de la Gastronomie.

Également élu à Tours Métropole, il a plutôt de bonnes relations avec son président, Philippe Briand, même s’ils ne sont pas du même parti à l’origine. De quoi sans doute lui assurer quelques soutiens… Souvent présent sur le terrain mais discret et mesuré, c’est un homme qui sait manœuvrer… Entrepreneur, il est capable de diriger une équipe et de faire émerger des idées.

Ses faiblesses : Le dossier « 1 700ème anniversaire de la naissance de St Martin » qu’il a piloté est loin d’être un succès. Il y a eu les critiques de l’opposition (sur le budget, notamment) mais aussi de gros revers publics comme les parades organisées deux ans de suite en juillet. De quoi masquer les réussites du spectacle son et lumière de la cathédrale et de la souscription pour la rénovation de la Basilique. En coulisses, certains n’hésitent pas non plus à évoquer un élu ayant souvent « des bons projets mais qui manque de suivi des dossiers par la suite » Par ailleurs, ses adversaires ne manquent pas de rappeler qu’il n’a jamais été élu sous son nom propre, ayant fait un score très faible aux législatives en 2012 (d’abord candidat pour celles de 2017, il s’est ensuite retiré).

Ses chances de devenir maire de Tours : 50%

xavier dateuXavier Dateu (Nouveau Centre – UDI)

Ses atouts : L’adjoint aux sports a plutôt bien réussi son coup depuis 2014, gérant par exemple le dossier chaud de la patinoire de Tours amiantée ou s’activant pour favoriser des fusions de clubs ou des rapprochements (basket, aviron…). Dans son entourage, on rappelle qu’il n’y a pas eu de protestations des clubs quand les subventions ont baissé. Conseiller départemental de Tours Nord depuis 2015, il commence à fédérer pas mal de monde autour de lui. C’est enfin un ambitieux : il veut accélérer certains grands projets comme celui de l’Arena.

Ses faiblesses : Il n’est pas conseiller métropolitain. Ses adversaires ne manquent pas de rappeler qu’aujourd’hui, tous les gros dossiers sont gérés par Tours Métropole (deuxième ligne de tram, Arena…). Dans son camp, on note qu’il pourra s’asseoir à la table du bureau des maires où nombre de décisions se prennent. Mais fera-t-il le poids face à Philippe Briand ? De plus, tout adjoint aux sports qu’il est, il reste à distance avec le Tours Football Club. Son côté très cash, y compris en public, peut être un atout mais cela pourrait aussi le desservir. Enfin, ses relations avec Serge Babary n’ont pas toujours été au beau fixe et on voit mal le maire de Tours ne pas adouber son successeur.

Ses chances d’être élu maire de Tours : 50%

Thibault Coulon ToursThibault Coulon (LR)

Ses atouts : L’adjoint à l’économie a toujours été qualifié de bosseur. Depuis 2014, il s’occupe notamment du dossier Mame pour aider les jeunes pousses du numérique à se développer en Touraine. L’ancienne imprimerie est actuellement en grande rénovation, plusieurs événements économiques et culturels y sont organisés, une école (l’ESTEN) s’y est installée… Il a également permis de resserrer quelques liens avec la grande rivale voisine, Orléans.

Ses faiblesses : S’il a un groupe de soutiens au conseil municipal, ses adversaires ne manquent jamais de rappeler qu’il a un côté très « catho-tradi ». Certains collaborateurs en interne n’hésitent pas non plus à le qualifier « d’élu difficile au quotidien »…

Ses chances d’être maire de Tours : 20%

jacques chevtchenko ppri toursJacques Chevtchenko (centriste)

Ses atouts : Actuellement, il est le premier adjoint. Dans une interview à la NR, il avait dit que ça pouvait légitimement suffire pour qu’il devienne maire. Il faut dire que lui aussi est en charge de gros dossiers : les ressources humaines, le Plan de Prévention contre les Risques d’Inondations… Derrière son côté strict, il est particulièrement rigoureux. Et il est aussi conseiller régional.

Ses faiblesses : Il a souvent subi le feu des critiques de l’opposition notamment lors des modifications de tarifs pour les locations de salle. Et puis est-il suffisamment ambitieux et volontariste pour donner une vraie direction à la ville pour les années qui viennent ? Le rôle du futur maire de Tours sera de préparer l’élection de 2020, voire même de s’y présenter et ainsi faire en sorte qu’elle reste dans le giron de la droite. Cela fait beaucoup, peut-être trop pour Jacques Chevchentko qui finalement pourrait ne pas candidater au rôle de maire…

Ses chances d’être élu maire de Tours : 10%

Ol LebretonOlivier Lebreton (LR)

Ses atouts : Adjoint à la sécurité, il se complait dans ce rôle et peut s’ennorgueillir d’avoir bien géré des dossiers comme la sécurisation de la braderie ou du 14 juillet dans le contexte de l’état d’urgence. Il est aussi conseiller départemental. Toujours souriant et direct, l’homme ne manque pourtant pas de fermeté…

Ses faiblesses : Comme Xavier Dateu, il n’est pas à la métropole. Il a aussi subi des revers avec des mouvements de grogne au sein de la police municipale et même un vol de munitions dans les locaux de la PM. A-t-il aussi assez de soutiens dans le groupe de la majorité ? Son côté un peu tranchant pourrait enfin se retourner contre lui.

Ses chances d’être élu maire de Tours : 10%

céline ballesteros tours (1)Et les femmes dans tout ça ?

Parmi cette liste de candidats potentiels, aucune femme. Parmi celles qui auraient pu prétendre au poste, citons Françoise Amiot. Adjointe aux finances dès 2014, elle a notamment géré le boulet de l’emprunt toxique de la ville, mais elle a démissionné pour rejoindre En Marche il y a de longs mois déjà. Adjointe au commerce, Céline Ballesteros fait partie des ambitieuses. Élue de justesse aux départementales 2015, elle n’a fini que 4ème au 1er tour des législatives en juin dernier et a réussi à diviser son camp. On aurait aussi pu penser à Sophie Auconie mais elle vient de se faire élire députée du Lochois (même si elle reste au conseil municipal de Tours). Quant à Christine Beuzelin, Hélène Millot, Barbara Darnet-Malaquin ou Alexandra Schalk-Petitot, elles n’ont jamais fait part d’intentions de la sorte.

Olivier Collet et Mathieu Giua

Un degré en plus : Bientôt une valse des adjoints ?

Si un nouveau maire de Tours doit être élu dans quelques semaines, il devra travailler avec une équipe en qui il a confiance et à l’inverse qui a confiance en lui. On peut donc s’attendre à des promotions d’adjoints à des postes clé ou à un jeu de chaises musicales pour remercier untel ou unetelle de son soutien. Le rapport de forces au sein de la majorité pourrait donc s’en trouver nettement modifié…

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